1345
Livre de Job
100
Nocquet Dany
Le livre de Job. Aux prises avec la justice divine
2354791551
Le Livre de Job. Aux prises avec la justice divine
Recension
 
Commencer
 
Par Dany Nocquet
 

Dany Nocquet
Le Livre de Job. Aux prises avec la justice divine
« Au fil des Écritures », Éd. Olivétan, Lyon, 2012, 144 p., 14 €

Les quarante-deux chapitres du livre de Job sont un monument de la littérature biblique, imposant, difficile d’accès, tant de fois exploré, commenté, interprété. Parce que l’interrogation à laquelle il s’attaque nous touche de près : comment parler à Dieu depuis la souffrance ? Et que lui sont liées bien des questions difficiles : Job est « aux prises avec la justice divine ». L’introduction-commentaire que nous propose Dany Nocquet (D.N.), professeur à la faculté de théologie protestante de Montpellier, est très remarquable : brève, complète, claire et pédagogique, enfin – et ce n’est pas la moindre de ses qualités – d’une grande finesse d’intelligence.

Le premier chapitre, après une introduction sur le livre et son contexte, explore le point de départ de l’œuvre biblique : un récit qui fournit la mise en scène théologique. L’attitude religieuse de Job, telle une « carapace épaisse », devant les malheurs qui lui adviennent est-elle adéquate comme réponse à ceux-ci ? L’ensemble des débats avec les interlocuteurs venus « consoler » Job  est parcouru dans un second chapitre : « Job contre la sagesse du monde ». D.N. commence par donner un aperçu ramassé et pertinent de chacun des trois tours de parole, chapitre par chapitre. Puis il informe des liens entre la discussion et les traditions de sagesse en Mésopotamie et en Égypte, ce qui confirme combien le livre de Job rejoint des interrogations universelles. Il ressort de ce chapitre combien « l’espérance est en crise ». Le troisième chapitre, intitulé « La rencontre inattendue de Dieu » offre la lecture de Jb 28–41 : le discours sur la sagesse introuvable, le dernier monologue de Job qui s’achève à son silence, la colère du jeune Élihou qui défend le caractère pédagogique de la souffrance, enfin les deux discours de Dieu – eux aussi non sans liens avec des mythes de la sagesse internationale. Conclusion : « La souffrance de Job est celle de Dieu », lequel, de par son engagement irréversible pour la création, montre sa toute-puissance et sa justice à travers le combat contre les forces du mal : Job n’y est-il pas invité ? L’avant-dernier chapitre lit Jb 42, en suggérant un parallèle entre Job et Moïse ou bien, dit autrement : comment le livre de Job se situe par rapport à la tradition d’Israël, et à l’importance de la Torah. Un dernier chapitre explore la postérité du livre de Job, dans la littérature notamment : « une source d’inspiration infinie ».

Les qualités relevées au début de cette recension en font un ouvrage très agréable à lire, et accessible pour un public large (tel est l’objet de la collection) : l’exégète apprécie les lignes d’interprétation du livre de Job ; qui connaît peu ce livre majeur y sera bien et complètement introduit, non sans être touché par le parcours qu’il propose. Un grand merci à l’auteur ! (Jean-Marie Carrière)
Niveau de difficulté : aisé

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org