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Dieu
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Nouveau Testament
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Hurtado Larry W.
Dieu dans la théologie du Nouveau Testament
2-204-09362-0
« Dieu » dans la théologie du Nouveau Testament
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Par Larry W. Hurtado
 

Larry W. Hurtado
« Dieu » dans la théologie du Nouveau Testament
« Lectio divina » 245, Éd. du Cerf, Paris, 2011, 198 p., 24 €

Après Le Seigneur Jésus Christ. La dévotion envers Jésus aux premiers temps du christianisme (voir CE n° 152, 2010, p. 61-62), voici « Dieu ». Dieu étant un « mot fourre-tout », Hurtado (L.W.H.) le met systématiquement des guillemets pour rappeler qu’il s’agit de celui qui ressort du N.T. et qu’en grec il prend l’article (ho theos, « le Dieu »).

L.W.H. commence par décrire l’état de la recherche (voir aussi en fin d’ouvrage la riche bibliographie dans laquelle manque curieusement le beau livre de J. Schlosser, Le Dieu de Jésus, paru dans la même collection en 1987). Puis, au chapitre 2, à la question « Qui est “Dieu” dans le N.T. ? », il souligne à la fois la continuité de la figure divine de l’A.T. au N.T. et ses traits distinctifs dont le plus marquant est son association étroite avec Jésus ; on retrouve ici le schéma « binitaire » de dévotion, qui est la clé du précédent volume. Notons en passant cette conclusion : « La doctrine chrétienne de la Trinité est essentiellement une configuration christologique du monothéisme » biblique.

Le chapitre 3 montre que la place centrale de Jésus dans le N.T. témoigne de la façon dont il faut comprendre désormais la divinité de l’A.T. ; à l’appui de cela, par exemple, les « rétroprojections » manifestes de Jésus dans l’A.T., telle par ex. celle de Jr 12,37-41, pour ne rien dire des textes qui l’affirment présent à la création. Désormais, dans le «ré-aménagement » de la pratique dévotionnelle juive et de son discours sur « Dieu » que pratique le N.T., « il faut comprendre “Dieu” et s’adresser à lui dans le culte à la lumière de Jésus » (p. 110).

Avec le chapitre 4, sans faire l’impasse sur la façon dont le N.T. présente la relation entre l’Esprit et Jésus, L.W.H. insiste sur la place prééminente qu’occupe l’Esprit dans le discours sur « Dieu ». Il résume par ces mots ce que cela signifie pour les chrétiens du ier siècle : « “Dieu” n’est pas simplement un sujet de contemplation et de discours ; il est décrit comme rencontré dans une expérience sur un mode d’immédiateté et avec un impact sur leurs vies. Cette expérience de “Dieu” est attribuée à l’Esprit. » Un ultime chapitre offre « quelques remarques pour conclure ».

Si cet ouvrage est moins volumineux que le précédent (170 pages au lieu de 800), il n’est pas moins dense et sa lecture réclame autant d’attention. Notons aussi que les liens entre les deux travaux sont à l’évidence étroits. Mais contrairement au premier ouvrage dont les chapitres distinguaient soigneusement les différentes strates du N.T. et des textes postérieurs (le christianisme juif en Judée, celui de Paul, la source Q et la première dévotion à Jésus, les différents évangiles, etc.), l’auteur travaille ici en théologien du N.T. L’aspect synthétique n’en rend pas pour autant la lecture plus aisée. Pourtant ces deux ouvrages de Hurtado affrontent de façon magistrale la seule question qui vaille en foi chrétienne : comment, dès ses débuts en Palestine, l’Église primitive a-t-elle confessé « Jésus est Seigneur » tout en professant « Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est le Seigneur un » (Dt 6,4) ? La christologie s’inscrit en effet dans le monothéisme strict. (Hugues Cousin)
Niveau de difficulté : exigeant

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org