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Bible
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Pouvoir
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Luciani Didier
111
Wénin André
Le Pouvoir. Enquêtes dans l’un et l’autre Testament.
2204090786
Le Pouvoir. Enquêtes dans l'un et l'autre Testament.
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Par Didier Luciani et André Wénin (dir.)
 
Didier Luciani et André Wénin (dir.)
Le Pouvoir. Enquêtes dans l’un et l’autre Testament.

« Lectio Divina » n° 248, Le Cerf, Paris, 2012, 384 p., 28 €

Cet ouvrage reprend les travaux (douze séances sur quinze) du séminaire de 3e cycle en exégèse de la Faculté de théologie de Louvain de 2004 à 2010. Comme l’écrit D. Luciani dans son introduction, presque tous les livres de la Bible abordent d’une manière ou d’une autre la question du pouvoir, pouvoir du Dieu créateur et rédempteur, pouvoir des rois, pouvoir des prêtres et des élites intellectuelles, pouvoir des riches sur les pauvres, des hommes sur les femmes, des ainés sur les cadets, des maîtres sur les esclaves, des forts sur les faibles ; contestation de tous ces pouvoirs par les prophètes, Jésus y compris ; force de la Loi, etc. Il ne s’agit donc pas ici de faire une synthèse mais simplement de proposer un cheminement significatif à travers tous ces discours.

Deux articles parlent de la Loi : celui de Jan Oosten part du Code de Sainteté (Lv 17–26), un texte plus rhétorique, ou parénétique, que proprement législatif, où curieusement ce n’est pas le pouvoir des prêtres qui est mis en avant. Celui de Jean-Marie Carrière relit la partie centrale du Code deutéronomique (Dt 16,18 – 18,22) où, dit-il, le pouvoir est pensé en fonction de la capacité politique de tout un chacun dans le peuple constitué en « tout Israël ». L’article d’A. Wénin, « Pouvoir, quand tu nous tiens ! », présente un assez triste visage de Samuel vieillissant incapable de se déprendre de ses fonctions de gouvernement pour le bien du peuple. Le prophète Amos met-il principalement l’accent sur l’attachement de Dieu aux pauvres, ou – ce qui n’est pas tout à fait la même chose – sur le droit et la justice ? C’est le thème de la contribution d’Eberhard Bons. Jacques Vermeylen situe Isaïe par rapport au pouvoir royal en distinguant, en Is 6–8, les oracles dans leur forme la plus ancienne (en - 734) de leur édition par le prophète lui-même (en - 727 ?). Que se passe-t-il quand les « justes » ou les « méchants » prennent le pouvoir ? Telle est la question, fort politique, posée par Pour 28–29, lu par Maurice Gilbert. Jean-Daniel Macchi examine le livre d’Esther et son regard fort critique sur le pouvoir dans l’énorme empire perse. Jean-Marie van Cangh analyse l’organisation et la hiérarchie à Qumrân à l’époque de la Règle de la communauté et à celle, plus tardive, du Document de Damas.

Dans le N.T., Nathalie Siffer montre comment Luc et les Actes mettent en scène l’affrontement de Dieu et des autorités juives et romaines qui persécutent Jésus puis ses disciples. Jean-Noël Aletti entreprend la difficile interprétation des paroles de Paul sur la soumission à l’autorité en Rm 13,1-7, des versets qui sonnent plutôt désagréablement à nos oreilles modernes… Au sujet des épîtres dites « pastorales », Michel Gourgues montre qu’elles ne constituent pas un ensemble aussi homogène qu’on le pensait naguère et y étudie les discours sur le pouvoir, en 1 Tm et dans Tite d’une part, et en 2 Tm d’autre part. Enfin il est question de pouvoirs, plus que jamais, dans le livre de l’Apocalypse que parcourt Jacques Descreux : pouvoir du diable, pouvoir des deux bêtes, pouvoir de Dieu, pouvoir du Christ.

En refermant ce livre, le lecteur reste sur l’impression que la Bible contient toutes sortes de discours sur toutes sortes de pouvoir ; des discours très réalistes et critiques. Nul système humain de pouvoir n’est considéré comme un absolu. Quant au pouvoir de Dieu il ne fait jamais nombre avec un de ces systèmes, il n’est jamais situé au même niveau. (Paul Agneray)
Niveau de lecture : moyen
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org