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Evangile de Marc
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Van Oyen Geert
Lire l’évangile de Marc comme un roman
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Lire l'évangile de Marc comme un roman
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Par Geert Van Oyen
 
Geert Van Oyen
Lire l’évangile de Marc comme un roman

« Le livre et le rouleau » 38, Lessius, Bruxelles, 2011, 176 p., 18,80 €

Geert Van Oyen (G.V.O.) a déjà publié plusieurs livres et articles sur l’évangile de Marc. Il enseigne le N.T. à la Faculté de théologie catholique de Louvain. Ce n’est pas pour autant le public universitaire qui est visé en premier lieu. En effet, G.V.O. exprime son souhait de faire résonner l’évangile de Marc « hors des enceintes de l’université ou de l’Église » (p. 28).

S’il vise un grand public, ce livre n’en garde pas moins un souci de méthode scientifique en appliquant des concepts propres à l’analyse narrative. Il s’appuie sur la thèse qu’une pluralité de significations peut surgir d’un texte (p. 12) et met en valeur le rôle actif du lecteur d’aujourd’hui (« lecteur réel ») dans la construction du sens. Il précise d’ailleurs qu’il désire prendre « les questionnements des gens d’aujourd’hui comme point de départ » (p. 24 et 30). Il y fait plus particulièrement allusion au chap. 8, lorsqu’il aborde la Passion de Jésus, en exprimant qu’il est « parti de l’idée qu’on lit trop souvent les évangiles dans le désir de trouver une réponse au “problème de la souffrance” » (p. 146).

La première partie de l’ouvrage, intitulée « Lire la Bible aujourd’hui », donne des points de repères pour comprendre la démarche de l’auteur (chap. 1 et 2). Elle invite aussi à se lancer dans une lecture de l’évangile de Marc, en dépassant les malentendus qui peuvent bloquer le lecteur non initié au monde de la Bible (chap. 3) et propose une structure de l’ensemble de l’évangile.

La seconde partie, « L’évangile selon Marc », aborde quelques thèmes qui se présentent dans une lecture narrative de l’évangile. Il y est d’abord question du « comment l’évangéliste raconte » (chap. 4), et spécialement du « comment cette œuvre fonctionne au niveau littéraire » (p. 81). Il s’agit de la place du narrateur, du style qu’il développe et de ce que cela met en valeur dans l’acte de lecture. À travers les chapitres suivants, G.V.O. a le souci de nous faire percevoir la stratégie narrative de l’évangéliste autour de l’identité de Jésus (chap. 5) et de ses enjeux pour le lecteur réel, sachant qu’au cœur de cette question se trouve « la relation entre Jésus et Dieu » (p. 101) et donc l’image que l’on se fait de Dieu (p. 97). Le chap. 6 reprend les différents titres donnés à Jésus en précisant la signification qu’ils avaient à l’époque, et comment Jésus s’empresse de nuancer le titre de Christ (p. 140). Dans le chap. 7, G.V.O. développe les rapports entre Jésus et ses disciples en insistant sur leur incompréhension (p. 130). Enfin le chap. 8 et l’épilogue traitent de la Passion et de la Résurrection. L’auteur fait ressortir que le schéma littéraire développé en Mc 16 invite le lecteur réel à continuer l’histoire : « puisque les femmes ont gardé le silence, le lecteur est le seul « disciple » à avoir entendu » (p. 163).

On le voit, G.V.O. nous invite à lire l’évangile « comme un roman » dans le sens ou celui-ci, comme tout récit, permet de vivre une expérience de rencontre entre le texte et le lecteur. Cet acte de lecture permet de s’identifier à tel ou tel personnage (p. 124) et invite le lecteur à se positionner et à continuer l’histoire dans son aujourd’hui (p. 68). Tout un programme ! (Sylvie Mériaux)
Niveau de lecture : aisé
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org