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Ecclésiaste
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Présentation
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Qohélet
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Asurmendi Jésus
Du non-sens. L’Ecclésiaste
2-204-09608-9
Du non-sens. L’Ecclésiaste
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Par Jesús Asurmendi
 
Jesús Asurmendi
Du non-sens. L’Ecclésiaste

« Lectio divina » n° 249, Éd. du Cerf, Paris, 2012, 208 p., 20 €

C’est une bonne idée d’utiliser le terme « non-sens » à la place du classique « vanité », difficile à expliquer et à comprendre aujourd’hui, pour caractériser le livre de Qohélet (ou Ecclésiaste). Car le terme hebel, dont Jesús Asurmendi (J.A.), professeur émérite de l’Institut catholique de Paris, prend soin de déployer les nuances au début de son livre, donne effectivement non seulement une tonalité de fond au livre de l’Ecclésiaste, mais procure aussi un accès à la disposition du livre. En choisissant ainsi de traduire hebel par « non-sens », J.A. marque nettement le caractère singulier de ce livre dans la tradition biblique, en mettant bien en évidence une pensée qui provoque l’incertitude sur le lecteur et l’amène à remettre en cause les évidences habituelles qu’on entend « sous le soleil ». Désorientation du lecteur qui s’accompagne souvent d’une tonalité ironique, à laquelle J.A. fait lui-même droit dans son commentaire, avec un humour de bon aloi.

Après une introduction qui donne les éléments majeurs pour comprendre le livre (l’auteur, sa langue, la disposition), l’ouvrage traite la pensée de Qohélet de manière plutôt thématique. Sur le temps, le travail, les relations, l’argent, la justice, la mort, les passages majeurs sont étudiés, d’abord selon leurs caractéristiques littéraires, puis selon leur portée théologique (ou anthropologique). Ce choix d’exposition met en évidence le caractère de la pensée de Qohélet, qui suggère une idée, puis y revient plus loin autrement. Les trois derniers chapitres proposent des points de vue plus larges. Un développement précise quel est le Dieu de Qohélet, et comment il est évoqué à distance du Dieu de l’A.T. en ses composantes majeures. La postérité de Qohélet est décrite dans plusieurs commentaires importants depuis la période patristique jusqu’au Moyen Âge. Le dernier chapitre fait entendre les « résonances » de la pensée de Qohélet dans des auteurs de la littérature, jusque dans des chansons modernes. À la fin de trois chapitres, des citations de lecteurs modernes font sentir l’effet de la lecture de Qohélet.

Cette lecture – à la fois introduction et commentaire – de l’Ecclésiaste est très claire, pédagogique et facile d’accès. On peut certes hésiter entre une lecture thématique et une lecture selon la disposition du livre. L’avantage du choix thématique de J.A. tient à ce qu’il permet d’approfondir des aspects majeurs de la condition humaine tels que les traite Qohélet et, par là, d’obéir en quelque sorte au projet du livre qui cherche à déplacer son lecteur. On saisit mieux aussi la singularité des positions de Qohélet, sa manière particulière de situer le rapport entre Dieu et notre humanité. Sur ce dernier point, la mise en contraste entre Qohélet et les Psaumes est particulièrement intéressante. (Jean-Marie Carrière)
Niveau de lecture : moyen
 
Jérusalem: l'entrée du St Sépulcre
 
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