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Vêtements
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Cras Alban
La Symbolique du vêtement dans la Bible
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La Symbolique du vêtement dans la Bible
Recension
 
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Par Alban Cras
 
Alban Cras
La Symbolique du vêtement dans la Bible

« Lire la Bible » n° 172, Éd. du Cerf, 2011, 176 p., 16 €.

Les vêtements en disent parfois plus long que bien des paroles. Parmi les êtres vivants, l’être humain est bien le seul à en porter. De nombreuses études sociologiques et anthropologiques ont analysé la symbolique du vêtement selon les époques et les civilisations, y compris dans la Bible : il n’est qu’à évoquer l’étude fouillée d’Edgar Haulotte (1965) sur laquelle s’appuie Alban Cras (A.C.) – membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et enseignant au Séminaire international de Wigratzbad (Bavière).

Le titre de l’ouvrage pourrait laisser penser qu’il s’agit d’une étude de plus. Ce serait sinon une erreur du moins un malentendu, comme le signale la préface d’Adrian Schenker, professeur à Fribourg (Suisse), car le livre comporte un sous-titre, absent de la couverture : « Pour une théologie du vêtement ». Si A.C. analyse effectivement les différents types de vêtements et leur portée symbolique dans les livres bibliques, il ne se limite pas à cette approche descriptive et cherche à révéler, à travers le vêtement, un aspect de la relation de l’homme à Dieu.

Son petit livre se déploie en trois parties d’inégales longueurs. D’abord une analyse descriptive et interprétative des vêtements dans l’A.T., avec une dizaine de pages spécialement dédiées à Genèse 2–3. Puis vient une deuxième partie, plus courte, sur le vêtement dans le N.T., centrée sur le vêtement de et selon Jésus, complétée par un rapide regard sur ce qu’entend Paul par « revêtir le Christ ». Enfin, une troisième partie, qui fait la singularité de l’étude, sur la tenue du chrétien aujourd’hui : celui-ci doit-il se distinguer, par ses vêtements, des autres hommes ?

A.C. part du constat que c’est la nudité occasionnée par le péché originel qui a nécessité le port du vêtement (Gn 2–3). Par conséquent, le port de celui-ci traduit la quête de l’harmonie perdue des origines. Puis, au fil des livres bibliques, le sens se transforme : le vêtement devient une partie de lui-même avant que l’homme le comprenne comme un idéal porté au fond de lui et vers lequel il tend, le Christ. Voilà pourquoi le vêtement du chrétien, c’est le Christ lui-même (Ga 3,27).

De là au prolongement interrogatif final, il y a un grand pas. A.C. prend acte que, dans notre société, le port de signes religieux est de retour. Des jeunes catholiques portent une croix visible et une partie du jeune clergé adopte le col romain, le vêtement noir ou gris, voire la soutane. Dans d’autres confessions religieuses, on se distingue par le foulard ou le voile intégral. Certains ne partageront pas ce qui apparaît comme des justifications à porter l’habit pour les ministres du culte, mais la lecture d’un tel ouvrage peut être salutaire pour pacifier le regard et aider à se situer autrement… dans une dynamique théologique. (Maurice Autané)
Niveau de lecture : aisé
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org