531
Actes des Apôtres
446
Christ
199
Barlet Louis
200
Guillermain Chantal
Le Beau Christ en Actes
2-204-09365-1
Le Beau Christ en Actes
Recension
 
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Par Louis Barlet et Chantal Guillermain
 
Louis Barlet, Chantal Guillermain
Le Beau Christ en Actes

« Lire la Bible » n° 171, Le Cerf, Paris, 2011, 272 p., 22 €.

Le précédent livre de ces deux biblistes avait été remarqué (Le Beau Christ de Luc, 2007 voir C.E. n° 140, p. 72). L. Barlet, prêtre de Mende, et C. Guillermain, du Centre jésuite de La Baume-lès-Aix, en offrent un second. La lecture en est savoureuse et nourrissante. Le style en est délié et vif, la disposition conduit très agréablement le lecteur à travers les méandres des Actes des apôtres, de découverte en découverte – et le mot n’est pas trop fort.

Christian Salenson, de l’Institut catholique de la Méditerranée (Marseille), l’indique dans sa préface, la thèse de cette lecture des Actes est simple, claire et convaincante : Jésus ressuscité a désormais le visage et le corps de ses disciples. Le titre de l’ouvrage s’entend alors de manière très heureuse : dans son second livre, Luc invite à contempler la beauté du Christ à l’œuvre, « le bel agir du Christ », en regardant tout simplement les hommes et les femmes en qui se manifeste la puissance de la Résurrection, la « présence de Jésus en la personne de ses témoins, alors même qu’il n’est pas visible et que sa présence n’est pas mentionnée » (p. 29). Bien évidemment, la conversion de Paul donne la clef fondamentale.

Mais l’ouvrage commence par une lecture de l’Ascension, comme porche ouvrant tout le livre des Actes, non sans faire le lien avec l’évangile. Trois parties construisent le parcours proposé, à chaque fois une traversée de l’ensemble du livre, selon trois points de vue : Jésus Ressuscité est ici… Grâce de Dieu pour tous les hommes… Afin de les ressusciter tous. Comme il ne s’agit pas d’un commentaire linéaire des Actes, tous les passages ne sont pas lus, mais une grande part. Les moments majeurs font l’objet d’une attention particulière, et l’ensemble des genres est pris en compte : récits de commencement (Pentecôte, Étienne, l’appel de Paul…), récits d’évangélisation (Philippe, Pierre chez Corneille, Paul à Athènes et à Rome), récits de miracles, et discours (à Antioche, à Éphèse, et les apologies de la fin des Actes).

La finesse de la lecture proposée pour chaque passage, et la sensibilité qui s’y montre avec l’ensemble du corpus lucanien ouvre des découvertes inédites, comme on l’a dit. Dans le récit de l’Ascension, la demande des disciples au sujet de la venue du Royaume prend une couleur nouvelle d’être mise en résonance avec la tentation d’Adam ; les anges permettent de rapprocher l’Ascension de l’annonce au tombeau vide. Le récit de la Pentecôte est mis en regard de celui de l’Annonciation, puis de la Visitation, et des premiers jours à Nazareth. L’événement qui bouscule Paul sur la route de Damas trouve des échos très intéressants du côté des disciples qui se rendaient à Emmaüs. Ces quelques exemples, et il y en a bien d’autres, soutiennent la thèse d’ensemble de l’ouvrage, parce qu’elle s’appuie en fait sur la logique profonde de l’écriture lucanienne, de l’Évangile aux Actes.
(Jean-Marie Carrière)
Niveau de lecture : exigeant
 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org