593
Deuxième Isaïe
985
Idolâtrie
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Anthonioz Stéphanie
« À qui me comparerez-vous ? » (Is 40,25). La polémique contre l’idolâtrie dans le Deutéro-Isaïe
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« À qui me comparerez-vous ? » (Is 40,25). La polémique contre l'idolâtrie dans le Deutéro-Isaïe
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Par Stéphanie Anthonioz
 
Stéphanie Anthonioz
« À qui me comparerez-vous ? » (Is 40,25). La polémique contre l’idolâtrie dans le Deutéro-Isaïe
 
« Lectio divina » n° 241, Éd. du Cerf, Paris, 2011, 142 p., 18 €

Les passages qui polémiquent contre l’idolâtrie dans le Deutéro-Isaïe (40,12-31 ; 41,1-10 ; 44,6-22 ; 46,1-13) sont des textes qui s’appuient sur le Cylindre de Cyrus, dont ils poussent la logique dans le sens d’une théologie monothéiste et universaliste. Le Cylindre de Cyrus est un document écrit en langue akkadienne, qui relate la déclaration du roi achéménide Cyrus le Grand lors de son entrée dans la ville de Babylone en 539 av. J.C., alors qu’il renverse le dernier roi babylonien, Nabonide, et restaure le culte officiel de Marduk.

L’ouvrage de Stéphanie Anthonioz, maître de conférences en Ancien Testament à la faculté de théologie de Lille, est très pédagogique. Son objet, limité, prolonge et complète de façon remarquable le CE 154 (déc. 2010) consacré au « Dieu unique et les autres » par Dany Nocquet.

Le premier chapitre donne les indications utiles sur le Deutéro-Isaïe, justifie le choix des passages à étudier, et propose une traduction du Cylindre. Puis vient une description des statues dans l’Orient ancien, tant quant à leur matérialité que pour la théologie de l’image qu’elles supposent. Le chapitre trois propose une analyse littéraire du Cylindre, qui fait apparaître l’idéologie du texte autour de la crise relative au règne sacrilège de Nabonide, à l’espérance du retour, et sur la question de la pluralité divine.

Le quatrième et dernier chapitre examine de près les chapitres 40–46 du Deutéro-Isaïe, à la lumière du Cylindre. La mise en regard est très fructueuse. L’élément majeur du « saisir la main » est retourné, en ce sens que c’est maintenant Yhwh qui saisit la main du serviteur ou du roi, non l’inverse. Une théologie de Dieu créateur est manifestement mise en avant par le Deutéro-Isaïe, ce qui explique pourquoi la polémique contre les images insiste sur le caractère technique de leur fabrication : l’idole est image des idolâtres, non de Dieu. Et, du coup aussi, le commandement aniconique devient le support de l’universalité yahviste. En somme, la polémique isaïenne ne vise pas tant à dénoncer la religion babylonienne, même si elle la ridiculise, mais bien plutôt à servir la révélation royale de Yhwh. Une telle théologie vise aussi, au fond, à répondre à une situation politique nouvelle : la diaspora reste le peuple de Yhwh Dieu.

Un très utile lexique et une bibliographie complètent cette étude pertinente, d’une grande clarté, qui renouvelle de manière précise la compréhension du Deutéro-Isaïe. (Jean-Marie Carrière)
Niveau de lecture : moyen
 
Is 40,25
25« A qui m'assimilerez-vous ? A qui serai-je identique ? » dit le Saint.
Is 40,25
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org