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Les Psaumes
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Auwers Jean-Marie
Psaumes de la Bible et psaumes d’aujourd’hui
2-204-09359-0
Psaumes de la Bible et psaumes d'aujourd'hui
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Par Jean-Marie Auwers et alii
 
Jean-Marie Auwers et alii
Psaumes de la Bible et psaumes d’aujourd’hui

« Lire la Bible » n° 170, Le Cerf, Paris, 2011, 144 p., 15 €

L’ouvrage rassemble les conférences prononcées à la Faculté de théologie de Lille le 25 janvier 2010 lors d’un colloque qui a donné son titre au livre. Elles offrent « un panorama de la recherche récente sur les psaumes et le Psautier, avec aussi quelques propositions nouvelles » (p. 8). Nous pouvons remercier les auteurs pour cet apport synthétique très riche.

J. Vermeleyn interroge la pertinence de la classification en genres littéraires. Il invite à accueillir le psautier comme le miroir de l’expérience humaine qui ne saurait se laisser enfermer dans des catégories étanches. Il revisite les « psaumes royaux » et la question du « je » des psaumes avant de remettre en cause la distinction entre hymne et action de grâce au profit d’une « vaste catégorie de “psaumes de louange” » (p. 20). Puis il montre la porosité entre les deux attitudes fondamentales que sont demande/supplication et louange. L’auteur relève enfin que les différences de forme et fond entre prières adressées à Dieu et psaumes de réflexion demeurent inexplorées.

J.-M. Auwers questionne, lui, la mise en relation du psautier avec la figure de David. En examinant les titulatures, le Ps 144 et la section Ps 51–72, il manifeste qu’elle fournit au lecteur, tout à la fois une clef d’interprétation et un modèle d’identification.

Étudiant successivement l’encadrement du psautier, sa traditionnelle division en cinq livres et les lignes thématiques (notamment le discours sur la royauté) qui traversent l’ensemble, A. Wénin s’attache à faire percevoir le projet théologique qui a pu guider la constitution de l’ouvrage dans sa forme canonique actuelle. Ce faisant il montre l’unité du psautier qui peut être lu comme un livre où chaque psaume a son sens propre, mais aussi celui que lui confère la place qu’il occupe.

En s’appuyant sur l’exemple des Ps 136 et 58, E. Di Pede explore la question de la violence en distinguant celle qui est célébrée comme une libération (violence racontée) de celle qui est appelée sur les ennemis comme vengeance ou désir de justice (violence souhaitée). Elle insiste sur le Dieu engagé dans l’histoire auquel cette prière renvoie ainsi que sur son effet cathartique : en mettant sa violence en paroles, le priant la met aussi à distance.

C. Vialle clarifie les notions de lecteur premier, lecteur réel et lecteur implicite. En convoquant particulièrement elle aussi le début et la fin du psautier, c’est surtout la figure du lecteur implicite ou idéal qu’elle dégage : un homme de foi, essentiellement tourné vers la louange, qui aspire à être juste et consent à se laisser guider vers le bonheur en suivant le chemin de la loi et des priants qui l’ont précédé.

En présentant tout d’abord les lectures du Ps 6 faites par Thomas d’Aquin, Luther et Calvin, puis en élargissant la perspective à la manière dont ces théologiens abordent le psautier, D. Nocquet éveille le lecteur aux « enjeux méthodologiques, ecclésiaux et théologiques de leurs commentaires » (p. 109) et de toute interprétation. Il montre aussi que le langage poétique confère aux psaumes un caractère atemporel permettant aux lectures de Thomas et des réformateurs de rejoindre celle de Ricœur.

Les textes peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Ils sont adressés à un public de non-spécialistes et sont assez fluides. (Marie-Thérèse Perrot)
Niveau de lecture : moyen
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org