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Ecclésiaste
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Qohélet
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Pinçon Bertrand
Qohélet. Le parti pris de la vie
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Qohélet. Le parti pris de la vie
Recension
 
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Par Bertrand Pinçon
 
Bertrand Pinçon
Qohélet. Le parti pris de la vie

« Lire la Bible » n° 169, Le Cerf, Paris, 2011, 224 p., 20 €

Le livre de Qohélet ( ou Ecclésiaste) est quelque peu embarrassant. Non seulement du fait qu’il a été suspecté avant d’entrer dans la clôture canonique, mais aussi à cause du ton critique – sinon caustique – du discours tenu sur l’ensemble des aspects de l’existence humaine : « Tout est vanité ! », annonce-t-il dès le second verset.

En donnant comme sous-titre à son ouvrage « Le parti pris de la vie », Bertrand Pinçon (B.P.), enseignant à la Faculté de théologie de l’université catholique de Lyon, invite à lire Qo de près, et en entier, de manière à ne pas se laisser prendre par le ton apparemment désabusé ou pessimiste du discours, mais pour découvrir la quête de la vie, du bonheur, de la joie que l’on trouve effectivement dans Qo.

B.P. propose tout d’abord une introduction précise au livre, notamment en en recherchant la disposition d’ensemble. Puis dix chapitres suivent le texte pas à pas, en tenant compte des unités de lecture. Les unités sont bien repérées, grâce aux inclusions ou au vocabulaire. Le commentaire est précis, sans longueurs, et aide bien à lire le texte par une sensibilité fine aux termes et expressions employées, ainsi qu’à la logique de la pensée. Il arrive que le commentaire se laisse un peu prendre par l’art de raisonner, par une dialectique que pourrait suggérer la manière d’écrire de Qo : « À l’image de l’ensemble de l’œuvre, la réponse est à trouver, comme souvent chez Qo, dans une relation dialectique » (p. 76). Mais les passages poétiques sont aussi bien repérés par B.P., ce qui exige un autre style de la réflexion.

Le chapitre 11 de l’ouvrage tranche sur les dix précédents, en ce qu’il traite du « bonheur chez Qohélet », et considère le livre dans son ensemble et de manière transversale. L’interprétation des paroles sur le bonheur est rappelée, puis chacune des sept paroles (plus une huitième !) commentées à l’intérieur de leur contexte littéraire, ce qui permet une bonne articulation d’ensemble, et confirme l’hypothèse du sous-titre. « Finalement, Qo n’est ni pessimiste, ni optimiste. Il porte un regard lucide sur la vie… » (p. 213).

L’ouvrage de B. P. permet de retrouver quelque équilibre par rapport à une interprétation trop unilatérale de Qo. Il invite à savoir entendre la musique de la joie dans l’existence humaine, et en ce sens il rend justice à Qo. Il laisse entendre aussi la question difficile de la place de Dieu dans ce livre : tout est vanité, certes, mais aussi : tout est don de Dieu. Pourquoi alors Qo fait-il allusion au Dieu créateur à la fin de son discours ? En quoi une théologie de la création, si l’on peut dire, est nécessaire à l’achèvement de son discours ? (J.-M. Carrière)
Niveau de lecture : aisé

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org