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Antiquités juives
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Josèphe Flavius
Les Antiquités juives, vol. V. Livres X et XI
2204092525
Les Antiquités juives, vol. V. Livres X et XI
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Par Flavius Josèphe
 
Flavius Josèphe
Les Antiquités juives,
vol. V. Livres X et XI
Établissement du texte, traduction et notes par Étienne Nodet. – Paris, Éd. du Cerf, 2010. LXXXIII + 166 p., 33 €

Voilà vingt ans que, patiemment, le professeur de l’École biblique de Jérusalem s’est attelé à éditer ce qu’on peut appeler la Bible de l’historien juif Josèphe (mort à Rome vers l’an 100 apr. J.C.). Le dernier paru court de la fin de l’époque royale (Ézéchias) jusqu’à la mort d’Alexandre le Grand.

Pour sa paraphrase biblique qu’il veut être un récit unifié, Josèphe utilise 2 R, 2 Ch et Est (dans un texte hébreu qui est distinct du TM et proviendrait des archives du Temple), quelque peu Jr ; il connaît la Prière de Manassé. Pour bâtir sa chronologie d’ensemble et situer sa nation dans l’histoire du Proche-Orient, il a recours surtout à Hérodote et Bérose. L’ensemble comporte aussi quelques passages sans parallèles connus. Enfin, comme à son habitude, Josèphe omet les prières et recompose les discours – ce que faisait déjà Thucydide lui-même.

Dans son livre XII, Josèphe a avant tout recours à plusieurs ouvrages des Écrits (la troisième partie de la Bible hébraïque) pour combler les importants silences de l’historiographie biblique à partir de 587 av. J.C. En ce sens, il met déjà en œuvre une lecture de ces textes que l’on retrouvera dans « l’histoire sainte » qui a formé jusqu’à récemment des générations de chrétiens. Dn est son principal matériau pour l’exil (A.J. X, 186-281), puisque c’est sous Nabuchodonosor qu’est censée se dérouler l’action ; cela n’empêche pas Josèphe de voir en Dn une prophétie de l’arrivée des Romains. On notera que notre auteur omet cinq chapitres de Dn (dont Dn 7) et ignore les suppléments en grec. Puis il prend comme source une forme très inédite de Esd et Ne. Il situe Esdras et Néhémie sous Xerxès (A.J. XI, 183) ; du coup, « il a peu à dire sur les règnes suivants qui, selon ses propres chronologies, occupent presque cent cinquante ans » (É. Nodet). Il remplit cet espace par une longue histoire d’Esther (A.J. XI, 184-296) et un bref récit de la querelle, inconnue par ailleurs, entre deux grands prêtres.

Concernant la fin de l’époque perse et la venue d’Alexandre, enfin, on ignore les sources de Josèphe. L’essentiel d’A.J. 297-347 a trait, d’une façon ou d’une autre, au conflit entre le grand prêtre de Jérusalem, Yaddua, et le Samaritain Sanballat qui veut construit un temple sur le Garizim destiné à son gendre Manassé, lequel se trouve être le frère de Yaddua… Cela montre l’ancienneté des Samaritains comme Israélites de Sichem. Alexandre, d’abord séduit par Sanballat, se rend à Jérusalem, vénère le grand prêtre Yaddua et accorde des privilèges aux juifs. Après la mort d’Alexandre, les juifs peu observants (à l’instar de Manassé qui avait épousé une Samaritaine) continuent à se réfugier chez les Samaritains.

Les notes, très riches, s’attachent particulièrement à deux points : les relations entre les Antiquités et la Bible, et la situation de Josèphe dans le judaïsme. (Hugues Cousin)
Niveau de lecture : exigeant
 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org