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Sabbat
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Lacout Sylvaine
Le shabbat biblique. Temps pour Dieu, Repos de l’homme, Respect de la Création
2-84024-337-3
Le shabbat biblique. Temps pour Dieu, Repos de l'homme, Respect de la Création
Recension
 
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Par Sylvaine Lacout
 
Sylvaine Lacout
Le shabbat biblique. Temps pour Dieu, Repos de l’homme, Respect de la Création

Éd. des Béatitudes, Nouan-le-Fuzelier, 2009, 191 p., 15 €

Le shabbat est une réalité capitale dans la Bible  . André Wénin a tenté récemment d’en élucider la portée théologique dans le Pentateuque (A. Wénin, Le Sabbat dans la Bible, « Connaître la Bible » n° 38, Lumen Vitae, Bruxelles, 2005, 80 p.). Ici, Sylvaine Lacout (S.L.), enseignante au Collège des Bernardins et au Theologicum de l’Institut catholique de Paris, élargit l’angle d’approche. Elle précise que ce petit ouvrage est à la fois le fruit de sa recherche théologique et de son « vécu » (p. 9). En effet, S.L. est membre de la communauté des Béatitudes qui, depuis sa création, s’associe à la prière d’Israël, le vendredi soir, par une célébration adaptée du Qabbalat Shabbat (« l’entrée en shabbat »). Elle s’est donc posé la question de la pertinence d’une telle pratique : le shabbat est-il aboli ou accompli en Christ ?

Un premier chapitre expose la longue histoire de l’institution du shabbat des origines à aujourd’hui. En ressort l’étape décisive de l’exil où le shabbat devient un des signes de l’appartenance au peuple d’Israël et où se mettent en place diverses prescriptions. La période talmudique fixe les différents offices de la journée, l’office actuel de Qabbalat Shabbat ne datant, lui, que du milieu du xvie siècle. Le second chapitre re-parcourt l’histoire, mais à partir du christianisme. Après les pratiques divergentes des judéo-chrétiens, c’est sous Constantin, en 321, que le dimanche est déclaré jour de repos officiel. Les Pères de l’Église argumentent sur l’abandon du shabbat au profit de la célébration de la résurrection du Seigneur, le premier jour de la semaine.

Dans les deux chapitres suivants, S.L. creuse les significations théologiques des données bibliques. De l’A.T., elle dégage les liens entre le shabbat et la création, le shabbat et la Loi ; elle montre comment il est source de sainteté, repos pour tous, signe de l’Alliance et du monde à venir. Dans le N.T., elle fait ressortir comment Jésus n’abolit pas le shabbat mais l’accomplit en lui redonnant tout son sens : il est le moment favorable où Jésus enseigne et guérit, manifestant ainsi les valeurs du Royaume et la miséricorde de Dieu.

Le cinquième chapitre mène une réflexion théologique sur le shabbat comme lieu d’une autorévélation de Dieu qui s’exprime dans une relation de présence-absence où « Dieu trouve sa joie dans sa création » (p. 158). Du coup, si le shabbat dit quelque chose de Dieu, il ne peut que révéler « à l’homme sa vocation profonde » (p. 169). S.L. peut alors présenter le shabbat, dans son dernier chapitre, comme « un art de vivre » qui renvoie au rapport à soi, aux autres, à Dieu et à la création.

Ce petit ouvrage, d’un abord facile, invite donc le chrétien à réfléchir au sens du dimanche, au rapport à la culture juive et au respect de la création. (Sylvie Mériaux)
Niveau de lecture : aisé
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org