1001
Evangiles synoptiques
599
Introduction
222
Meynet Roland
Une nouvelle introduction aux évangiles synoptiques
2-283-61033-6
Une nouvelle introduction aux évangiles synoptiques
Recension
 
Approfondir
 
Par Roland Meynet
 
Roland Meynet
Une nouvelle introduction aux évangiles synoptiques

« Rhétorique sémitique » n° 6, Lethielleux, Paris, 2009, 380 p., 30 €.

Dès les premières pages de son ouvrage, R. Meynet (R.M.) prend la précaution de fournir au lecteur un avertissement sur la signification du qualificatif « nouvelle » qui apparaît dans le titre. Il entend proposer « quelque chose de nouveau » par rapport aux autres publications sur le même sujet, en faisant appel à l’analyse rhétorique biblique qu’il pratique depuis des années. Pour désigner cette démarche, il précise qu’elle « représente une des nombreuses “opérations” du travail exégétique ». Il déclare préférer désormais cette appellation à celle de « méthode » qu’il avait adoptée auparavant (p. 47). Il livre ici le fruit d’un enseignement dispensé à l’Université Grégorienne de Rome pendant une dizaine d’années et qui a déjà fait l’objet d’une parution en italien. Les lecteurs familiers de sa démarche reconnaîtront aisément les caractéristiques de sa recherche exégétique et de sa pédagogie, exposées notamment dans son commentaire de l’évangile de Luc, en 2005 (voir C.E. n° 133, p. 84-85). On peut remarquer, en particulier, le grand nombre de planches qui présentent des textes traduits littéralement et disposés de manière à faire ressortir les reprises de mots, les parallélismes, les structures concentriques ou en miroir, etc. Le jeu des multiples polices qu’offrent les traitements de textes est largement mis à contribution pour la constitution des tableaux synoptiques (l’auteur reconnaît que l’idéal aurait été d’intégrer aussi l’usage des couleurs).

L’ouvrage ne comporte pas d’exposé synthétique sur l’histoire de la recherche concernant la question synoptique. R.M. confie que, dans son enseignement, il demande à ses étudiants de travailler par eux-mêmes la bibliographie disponible sur ce sujet. Il entre peu en débat avec les autres démarches exégétiques (sauf à propos du premier texte étudié, la guérison de Jéricho en Mt 20,29-34 et parallèles, où il se démarque nettement de l’exégèse historico-critique).

Conformément à son option méthodologique mettant en valeur la place de chaque unité textuelle dans l’œuvre dont elle fait partie, il choisit d’analyser des péricopes contiguës et non pas dispersées : quarante-trois unités, qui se situent en Mc 10 ; Mt 19–20 ; Lc 17,11 – 19,46. Après une trentaine de pages d’introduction caractérisant sa démarche, il propose un itinéraire en quatre chapitres : 1) Le passage en lui-même ; 2) Le passage dans le contexte immédiat (la sous-séquence) ; 3) Le passage dans le contexte large (la séquence) ; 4) Le passage dans le contexte global (la séquence et le livre). L’exemple étudié dans le dernier chapitre est pris dans Luc. On peut noter deux excursus (présentés comme tels) sur les deux versions du Décalogue (dans le chap. 1) et les deux versions du Notre Père (chap. 2).

Ce livre est conçu comme un guide pour une pédagogie active. Pour en tirer profit, le lecteur est convié à recopier personnellement chaque texte biblique et à s’efforcer de repérer patiemment les indices formels de sa composition. R.M. affirme que la meilleure synopse est « celle que chacun se fabrique lui-même ». Cette indication est à prendre comme une invitation à relancer constamment sa propre lecture en acceptant de se laisser questionner et déplacer. Les schémas et les tableaux peuvent être une aide précieuse dans la mesure où ils entrent dans une prise en compte de la dynamique de chacun des récits évangéliques. (M. Berder)
Niveau de lecture : exigeant
 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org