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Apocryphes chrétiens
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Cothenet Edouard
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Pellistrandi Christine
Découvrir les apocryphes chrétiens
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Découvrir les apocryphes chrétiens
Recension
 
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Par Édouard Cothenet et Christine Pellistrandi
 
Édouard Cothenet, Christine Pellistrandi
Découvrir les apocryphes chrétiens

Paris, Desclée de Brouwer, 2009, 256 p., 24 €

Depuis quelques temps, les textes apocryphes ont fait irruption dans les débats autour de nos évangiles. Après la publication d’excellentes traductions dans la « Bibliothèque de la Pléiade » et du dossier « Les écrits apocryphes chrétiens » (C.E. n° 148, juin 2009, avec son Supplément anthologique) voici une nouvelle occasion de les découvrir grâce à cet ouvrage clair et précis, illustré de belle manière. Édouard Cothenet (E.C.), professeur émérite à l’Institut catholique de Paris, s’est adjoint les services de Christine Pellistrandi qui commente un choix d’images illustrant ce genre de récit.

Dans son introduction, E.C. propose une définition de cette littérature constituée sur plusieurs siècles et désignée un peu malencontreusement comme « apocryphe » c’est-à-dire comme « cachée » et sur laquelle la recherche a beaucoup produit ces dernières années. Il insiste sur l’hétérogénéité qui caractérise ces textes dont les auteurs, tous inconnus, ont cherché à combler les nombreuses « lacunes » de nos évangiles. Les « vies des saints » ou la Légende dorée (Voragine, xiiie s.), ainsi que tant de nos grandes œuvres artistiques n’ont eu ensuite qu’à puiser à ces sources : art et religion populaire se sont rejoints.

Écrits apocryphes et textes gnostiques se sont plus d’une fois entremêlés, formant une bibliothèque disparate, dont la transmission a connu des destins divers. L’élaboration du canon de nos Écritures a peu à peu rejeté dans l’ombre ces récits souvent peu conformes à la doctrine, et cela, dès le second siècle. À la fin du ive s., alors que le canon chrétien est définitivement fixé autour des 27 écrits du N. T., cette littérature continue de foisonner. La destinée de certains ouvrages est même fort riche, notamment pour ce qui concerne les évangiles de l’enfance, les récits de la dormition de la Vierge ou les Actes d’apôtres. Et, au viie s., le Coran n’est pas exempt de l’influence de quelques-uns de ces textes.

E.C. procède à des choix, s’en tenant aux écrits les plus anciens, des iie et iiie siècles chrétiens, et n’ajoutant que ceux qui, à ses yeux, auront le plus influencé le domaine artistique. C’est ainsi qu’il distingue cinq catégories : 1) les évangiles de l’enfance ; 2) les évangiles concernant la vie, l’enseignement, la Passion et la résurrection du Christ ; 3) les écrits apocalyptiques du iie s. ; 4) les Actes apocryphes d’apôtres ; 5) les textes concernant la dormition de Marie. Le goût pour le pittoresque affleure, et les nombreux blancs de nos textes canoniques sont diversement comblés, avec plus ou moins de bonheur. Une fois de plus, l’ouvrage fait ressortir les multiples formes du christianisme primitif, plus divers qu’on ne le pense habituellement. La lecture en est toujours passionnante, parfois fort plaisante.

Nous avons là un excellent panorama, renforcé par le commentaire des illustrations et la lecture brève d’une vingtaine de grands textes analysés méthodiquement. Ajoutons à cela une bonne bibliographie et un index thématique. L’ouvrage permet donc ce que son titre indique : une découverte des principaux textes apocryphes chrétiens. (H. Giraud)
Niveau de lecture : aisé
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org