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Jésus
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Portraits évangéliques
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Collectif
Jésus. Portraits évangéliques
2-87324-337-1
Jésus. Portraits évangéliques
Recension
 
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Par Yves-Marie Blanchard, Camille Focant, Daniel Gerber, Daniel Marguerat, Jean-Marie Sevrin
 
Yves-Marie Blanchard, Camille Focant, Daniel Gerber, Daniel Marguerat, Jean-Marie Sevrin
Jésus. Portraits évangéliques
« Trajectoires » 18, Lumen Vitae, Bruxelles, 2008, 148 p., 17 €

Issu de conférences données à Louvain, l'ouvrage réjouira étudiants et animateurs bibliques à la recherche de synthèses enlevées. Les auteurs s'en sont tenus strictement aux évangiles, en débordant toutefois le cadre canonique. En effet, J.-M. Sevrin s'attache au « Jésus secret » de l'apocryphe Évangile selon Thomas. Après un exposé sur la nébuleuse gnostique, il tire les conséquences de l'absence de narrativité caractéristique de ce type de recueil : « Jésus n'agit pas, n'a pas d'histoire » (p. 139) et le lecteur est invité lui-même à sortir de l'Histoire concrète pour suivre « le Vivant » qui « se dérobe à qui n'a pas la connaissance » (p. 142). Ce désengagement - a-t-il disparu aujourd'hui ? - interroge la foi chrétienne, d'autant que l'évangile selon Thomas est parfois proche de certains textes canoniques. Les autres contributions le soulignent : s'il y a une vérité « évangélique », elle passe par la prise en compte de la narrativité du destin de l'homme de Nazareth. Et y a-t-il prise en compte plus adéquate qu'un récit ?

Jésus ne s'enferme pas dans le portrait ainsi configuré. Le récit est donc pluriel. Mais que l'on ne s'attende pas ici à l'expansion universitaire de formules ramassées telles que « Jésus, Maître d'Israël » pour Matthieu, « paradoxal et énigmatique » pour Marc, « offrant le salut de Dieu » pour Luc, « Fils unique racontant le Père » selon Jean. Autant que le sujet peint (Jésus), les quatre études analysent avec soin, parfois avec jubilation, la main des quatre peintres. Elles orientent également notre regard vers le lecteur idéal attendu par de telles œuvres. On a là, sans jargon, le meilleur du croisement entre méthode historique et approche narrative.

Pour en tirer profit, il faut cependant sans cesse regarder le texte biblique, tant sont nombreuses les références. C'est toujours le macro-récit qui est envisagé bien que D. Marguerat « zoome » sur la parabole des invités au festin (Mt 22,2-14) et C. Focant sur la syrophénicienne, Bartimée et l'onction à Béthanie (Mc 7,24-31 ; 10,46-52 ; 14,3-9). D. Gerber n'hésite pas (en 20 pages seulement !) à couvrir l'ensemble des deux tomes de Luc. Après avoir repéré en Lc 1-2 les traits salvifiques de Jésus (dans la polyphonie des « voix » du narrateur et des personnages), il montre comment ils se vérifient dans la suite du récit. Y.-M. Blanchard s'attache, en Jean, à l'intrication des titres, ceux que donne le récit à Jésus : Messie, roi d'Israël, et celui qu'il se donne : Fils - titre qu'il confiera à ses disciples. Au passage, on notera l'importance des débuts de chaque évangile où sont livrées les clés de lecture. À lire sans tarder. (Gérard Billon)
Niveau de difficulté : aisé
 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org