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Bible
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Etranger
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Riaud Jean
L'étranger dans la Bible et ses lectures
2-204-08312-6
L'étranger dans la Bible et ses lectures
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Par Jean Riaud (dir.)
 
Jean Riaud (dir.)
L'étranger dans la Bible et ses lectures
Paris, Le Cerf, « Lectio divina » 213, 2007, 455 p., 32 €

 L'équipe de recherche « La Bible et ses lectures », fondée par Jean Riaud, travaille au sein de l'Université Catholique de l'Ouest à Angers. Elle est constituée de chercheurs travaillant dans diverses spécialités : biblistes, historiens du texte, spécialistes de l'Antiquité méditerranéenne et proche-orientale. En 2002, elle a organisé un colloque international sur le thème « Étrangers et exclus dans le monde biblique ». La recherche de l'équipe a prolongé la réflexion sur ce thème dans les deux années qui ont suivi, ce qui nous vaut ce bel ouvrage.

Quatre parties organisent les contributions des chercheurs : 1. Des lectures vétérotestamentaires ; 2. Des lectures néotestamentaires ; 3. Des lectures extrabibliques ; 4. La postérité culturelle. Ainsi la perception de l'étranger n'est pas analysée dans le seul corpus biblique mais aussi dans les œuvres qui le prolongent, selon la logique de l'équipe de recherche et du titre de l'ouvrage : « La Bible et ses lectures ». Cette ouverture est bienvenue.

Les apports proposés sont de longueur très variable. Les uns sont des études relativement techniques, dans le domaine lexical notamment, sur le vocabulaire de l'étranger et sa présence dans un corpus donné : par exemple, à Sumer à l'époque de la IIIe dynastie d'Ur, ou bien dans la traduction grecque de la Septante. D'autres s'attachent à inscrire la perception de l'étranger dans un contexte historique précis, comme par exemple les études intéressantes de Mireille Hadas-Lebel sur Philon, ou de Monique Alexandre sur Flavius Josèphe. D'autres enfin effectuent une lecture de texte ; j'en cite deux, qui m'ont particulièrement intéressé : Christophe Pichon rend compte de la figure de l'étranger dans le cycle d'Élie, et Christian Grappe offre une belle analyse de l'épisode de la Syro-Phénicienne. Les ouvertures de la quatrième partie (« La postérité culturelle ») s'achèvent par une référence à « l'amour sans frontière »  dans le Prologue de Simone Weil. On notera dans cette partie la petite étude surprenante du Nabucco de Verdi par Michel Berder.

Les apports de cet ensemble d'études sont donc riches et précis. En les lisant sur fond de notre rapport contemporain à l'étranger, on y trouve un éclairage qui est à la fois difficile à cerner et une ouverture heureuse. Dans la Bible, la catégorie de l'étranger n'est en effet pas aussi très précise. Elle fluctue entre une catégorie proprement juridique ou politique, et une définition plutôt religieuse - ce qui n'est pas, il est vrai, sans analogie avec notre aujourd'hui. Du coup, la lecture de l'ouvrage nous fait mieux comprendre ce que la Bible dit de l'autre, de celui qui nous est étranger. C'est là évidemment son intérêt, cet élargissement de nos perspectives et de nos préoccupations parfois un peu étroites. Ouverture que conforte de très belle manière le texte choisi de Simone Weil, qui nous appelle à « cet amour sans frontières qui effacerait jusqu'à la notion même d'étranger ». (Jean-Marie Carrière)
Niveau de difficulté : moyen
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org