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Araméen
L'araméen
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D'une autre famille linguistique que l'hébreu ou le phénicien, l'araméen a cependant adopté dès le 9e siècle av. J.-C. les principes de l'écriture phénicienne.
 
Comme l'hébreu, l'araméen appartient au groupe des langues que, depuis 1781, on appelle ''sémitiques''.

D'une autre famille linguistique que l'hébreu ou le phénicien, l'araméen a cependant adopté dès le 9e siècle av. J.-C. les principes de l'écriture phénicienne. Au 8e siècle, les Assyriens le considèrent comme leur seconde langue. Du 6e au 4e siècle, il devient langue officielle de l'empire perse, de l’Égypte à l’Inde (exemple : de nombreux documents araméens d'une communauté juive du 5e siècle ont été trouvés à Éléphantine, près d'Assouan en Égypte).

Après la fin de l'exil à Babylone (538 av. J.-C.), les Juifs sont en quelque sorte bilingues : ils lisent l'hébreu mais parlent araméen dont ils utilisent désormais la graphie ; c'est de l'écriture araméenne que dérive l'écriture ''carrée'' utilisée encore aujourd'hui pour noter l'hébreu. L'impact de l'araméen apparaît dans quelques passages des livres d'Esdras et de Daniel ainsi que dans les ''targoumim'' (pluriel de ''targoum''). Un ''targoum'' (= traduction, interprétation) est une version libre d'un passage biblique en usage dans les synagogues ; en effet, lors de l'office du chabbat, un membre de l'assemblée lisait des passages de la Loi et des Prophètes en hébreu qu'un ''méturgeman'' (traducteur) devait adapter pour le public.

Après les conquêtes d’Alexandre le Grand (330 av. J.-C.), l'araméen est supplanté par le grec comme langue officielle, mais il va survivre longtemps dans la culture du Proche-Orient, particulièrement en Judée et en Syrie. Au 1er siècle, alors que le clergé et les notables Juifs le parlent mais préfèrent l'hébreu, il est devenu la langue du peuple. En témoignent de nombreux manuscrits de Qoumrân et quelques mots transmis par les évangiles (écrits en grec) tels que ''Ephphata'' (''Ouvre-toi''), Golgotha (''Lieu du crâne''), ''Eloï, Eloï, lama sabaqthani'' (''Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?'' cf. Mc 7,34; 15,22; 15,34) etc. Il y a là autant d'indices pour penser que Jésus et les apôtres parlaient araméen.

Les monuments de l'érudition juive, que sont le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone, recueil de discussions et de commentaires sur la Torah, ont été écrits chacun dans un dialecte araméen à partir du 3e siècle de notre ère. Un autre dialecte araméen, le syriaque, est devenue la langue liturgique des chrétiens d'Orient. Quant au samaritain, parlé de nos jours par la secte des Samaritains près du mont Garizim (Israël), il a aussi l'araméen pour lointain ancêtre.
 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org