377
Osée
10
Autané Maurice
Au temps du prophète Osée
Note historique
 
Commencer
 
Le Royaume du Nord, où vit Osée, apparaît très affaibli en ce 8° siècle avant Jésus-Christ...
 

Déchiré par des luttes de pouvoir, ravagé par les injustices sociales, menacé par les puissances étrangères, le Royaume du Nord, où vit Osée, apparaît très affaibli en ce 8° siècle avant Jésus-Christ. Il sera rayé de la carte en 722. Dans ce contexte dramatique retentit la forte parole du prophète.

« La parole du Seigneur fut adressée à Osée, fils de Bééri (...) aux jours de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël »  (Osée 1,1). Le Livre d’Osée commence par ces mots qui situent d’emblée l’activité du prophète en terre d’Israël, le Royaume du Nord, au 8° siècle avant Jésus-Christ. À cette époque, l’Assyrie exerce progressivement sa domination sur l’ensemble du Proche-Orient. Les petites nations, comme Israël, ne sont pas de taille à lui résister.

Un royaume déchiré

Le prophète Osée commence son activité prophétique sous le règne du roi Jéroboam II (783 à 743 avant. J.-C.) Son règne connaît des succès à l’extérieur. À l'intérieur c'est la prospérité, mais pas pour tout le monde. Beaucoup de familles se sont enrichies par le commerce avec les Phéniciens, mais la majorité des gens vivent dans la pauvreté.

Osée dénonce vigoureusement ces injustices sociales criantes qui sont un abandon des mœurs égalitaires du passé et aussi un abandon du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob qui, autrefois, a libéré le peuple de l'esclavage d'Égypte. Les plus riches se tournent vers les dieux étrangers, les Baals, et oublient le Dieu des pères. Osée évoque ces relations sociales corrompues à travers des images très suggestives. Il les compare aux relations entre une père et son fils ou un mari et sa femme. Il utilise également des comparaisons agricoles (vigne, raisins). Le pays est riche, mais les richesses ne sont pas réparties équitablement. Et on attribue en outre ces richesses aux dieux païens de la fécondité, comme si le Seigneur Dieu n'était pas également le maître de la nature.

Des successions mortelles

À la mort de Jéroboam, l’instabilité politique s'installe. Son fils Zacharie monte sur le trône pour être assassiné au bout de quelques mois. Son meurtrier lui succède pour quelques semaines et connaît le même sort. Cela continue ainsi jusqu’au dernier roi d’Israël, qui porte le même nom que le prophète (et qu'il ne faut pas confondre avec lui) : Osée. En outre, la guerre est endémique avec les frères ennemis du sud, le royaume de Juda, ce qui suscite un vif mécontentement dans le pays.

La pression assyrienne

Les Assyriens, après avoir vaincu les dynasties babyloniennes, conquièrent progressivement l’ensemble du Proche-Orient. Jusque là, les petits États réglaient entre eux leurs problèmes sans que les grandes puissances s'en mêlent. Ce qui avait permis à David et à Salomon de constituer, au siècle précédent, un assez grand royaume (voir encadré).

La situation d’Israël est maintenant tout autre. La puissance assyrienne menace les petits royaumes comme Israël. Elle oblige l'un de ses rois, Menahem, à lui payer un tribut pour éviter l’invasion. La pression se fait plus forte d’année en année. Israël cherche son salut dans des alliances politiques malencontreuses, avec l'Égypte notamment. En 723-722 Israël est envahi et sa capitale, Samarie, tombe entre les mains des Assyriens après un long siège. Dès lors, le Royaume d’Israël est définitivement rayé de la carte. Selon la coutume assyrienne, le pays conquis devient une simple province de l'empire. La population autochtone est dispersées, remplacées par des Assyriens.

La fin de la monarchie ?

Le pouvoir royal a montré ses limites. Les rois infidèles ont conduit le royaume à sa perte. Ils sont impuissants quand le malheur arrive. La fin du livre d’Osée pose une question qui illustre la situation dramatique du pays : «Où est donc ton roi pour qu’il te sauve ? » Pour le prophète, l’avenir ne se présente pas sous les traits de la monarchie : « Ainsi, pendant de longs jours les fils d'Israël resteront : pas de roi, pas de chef, pas de sacrifice ». Parce qu’elle n’a pas rempli ses fonctions selon la volonté de Dieu, la monarchie s’est disqualifiée. Un siècle après, la même histoire recommencera dans le royaume du sud.


© SBEV. Maurice Autané

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org