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David
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Debergé Pierre
David, roi de Juda et d'Israël
Note historique
 
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On a du mal à cerner l'oeuvre exacte de David...
 
On a du mal à cerner l'œuvre exacte de David. Si les textes bibliques le présentent comme le grand roi de Juda et d'Israël, les historiens sont aujourd'hui sceptiques.

A la lecture des livres de Samuel, on est impressionné par tout ce que l'on attribue à David : il forge l'unité du peuple de Dieu en regroupant sous son autorité les 12 tribus de Juda et d'Israël (2 Samuel 2, 1-4 ; 5,1-5); il conquiert Jérusalem, à la charnière des royaumes du nord et du sud, pour en faire sa capitale ; il fait transporter à Jérusalem l'arche d'alliance (2 Samuel 5, 6-10 ; 6, 1-23) ; il étend sa domination en vassalisant les petits états voisins. Son règne est un règne de conquêtes. C'est aussi celui d'une promesse : la prophétie de Natan (2 Samuel 7,1-17).

Une image contrastée

S'ils relatent cette œuvre impressionnante, les textes bibliques ne cachent pas les faiblesses du roi. Dans les récits de son ascension au trône, on le voit abuser les prêtres de Nob (au nord-est de Jérusalem) qui paient de leur vie l'aide qu'il avait sollicitée (1 Samuel 21), pratiquer aux dépens des Philistins un double jeu peu honorable (1 Samuel 27,8-12) et rançonner les propriétaires de la région avec des méthodes que l'on a rapproché de celles de la "mafia" (1 Samuel 25). Deux actes, totalement opposés, délimitent son épopée : le premier, tout à son honneur, est sa victoire sur Goliath, le champion philistin (1 Samuel 17) ; mais le second est un meurtre par traîtrise, celui d'Urie (2 Samuel 11).

Un personnage historique contesté

Aujourd'hui, beaucoup de spécialistes pensent que le royaume de David n'a pu avoir les dimensions que lui donne la Bible. Preuve en est le fait que les empires voisins n'en ont conservé aucun souvenir et que l'archéologie ne parvient pas à confirmer ce que la Bible dit de ce règne. Et si, en 1993, on a découvert à Dan (au nord d’Israël) une stèle du 9e siècle av. J.-C. qui rapportait une victoire de Hazaël, roi de Damas, sur le roi de la "maison de David", cela ne suffit pas à accréditer la thèse d'un royaume puissant et conquérant.

Le royaume de David était donc, semble-t-il, de dimensions plus modestes. C'est après la chute de Samarie, en 721 av. J.-C., qu'il acquit dans la mémoire collective du peuple de Dieu des dimensions presque légendaires. C'est alors en effet que Jérusalem succéda à Samarie et qu'elle devint la ville la plus importante de la région. Dans ce contexte, les rois de Juda – qui appartenaient à la "maison de David" – firent de leur ancêtre le premier roi d'un grand royaume qui correspondait davantage à leurs rêves qu'à la réalité historique. Cependant, après la chute de l'empire assyrien, au 7e siècle av. J.-C., les rois de Juda purent effectivement étendre leur zone d'influence vers le nord. Un roi joua ici un rôle déterminant : Josias (640-609 av. J.-C.) . Son action a grandement influencé la présentation des règnes de David et de Salomon.

Une œuvre de propagande ?

Sous de nombreux aspects, l'histoire biblique de David semble être une œuvre de propagande politique ayant servi à légitimer une situation politique qui n' a véritablement existé qu'avec Josias. Mais si on a, pour cela, embelli l'histoire de David, on n'en a pas pour autant gommé les aspérités et les faiblesses.

En effet, tour à tour, les scènes bibliques "rendent compte, souvent sans concession, de la bonté et de la noirceur, des péchés et des repentirs d'un homme à la fois pécheur et juste" (P. Bordreuil). En ce sens, David est sûrement un des personnages les plus humains de l'Ancien Testament. Plus que son comportement, c'est pourtant sa foi que les textes bibliques mettent en lumière, et, davantage encore, le choix de Dieu.


© SBEV. Pierre Debergé
 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org