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Synagogue
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Soupa Anne
Rôle et importance de la synagogue à l'époque de Jésus
Note historique
 
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La synagogue joue un rôle très important dans le judaïsme...
 

Luc mentionne que "Jésus entra suivant sa coutume le jour du sabbat dans la synagogue" et "qu’il se leva pour faire la lecture." Que savons-nous donc de ces coutumes ?

À l'époque de Jésus, les synagogues ne sont pas d'abord un lieu de culte. Le culte est en effet concentré au Temple. Bâti par Salomon (Xe siècle av. J.-C.), reconstruit plusieurs fois, le Temple est le lieu de la Présence divine, on y offre des sacrifices et les fidèles y montent en pèlerinage trois fois par an. Quant aux synagogues (mot grec qui signifie "assemblée") on y lit et étudie la Parole de Dieu.

Écouter la Parole

La synagogue est une institution qui ne remonte pas au-delà de l'exil (587-538 av. J.-C.). Dispersés en Égypte, en Mésopotamie, les exilés avaient pris l’habitude de se réunir le jour du sabbat d'abord sur la place du village, puis dans des maisons particulières, pour y écouter les grands récits fondateurs de leur foi. Les synagogues se sont multipliées sur tout le pourtour de la Méditerranée. Il y en eut bientôt dans chaque cité où vivaient des juifs. En terre d'Israël, chaque village avait la sienne et on en dénombrait, paraît-il, plus de 300 à Jérusalem ! À la fin du 1er siècle, après la destruction du Temple (par les romains en 70 ap. J.-C.), la synagogue va prendre dans le judaïsme une importance capitale. Qu'elle garde aujourd'hui.

Au Ier siècle, chaque synagogue possédait au moins les cinq rouleaux de la Torah (la "Loi de Moïse" ou Pentateuque), le rouleau d’Isaïe - le prophète le plus lu - celui des Douze petits prophètes et celui des Psaumes. Elle avait une fonction d’enseignement importante. Ceux qui ne pouvaient, faute de moyens, fréquenter les écoles rabbiniques, s’y instruisaient, au besoin par la simple consultation des livres saints (Ac 17,11).

La Parole, une source

La synagogue est alors une maison fort simple, dans laquelle des bancs jouxtent les murs - un banc est réservé aux anciens et aux chefs de la synagogue et il y a un siège, appelé "chaire de Moïse", pour celui qui fera l’homélie. Hommes et femmes sont séparés. Les rouleaux sont rangés dans un coffre, une jarre ou une armoire, d’où un servant les apporte au lecteur.

Nous manquons d’informations sur la structure exacte de l’office synagogal au temps de Jésus. Mais la fixité des habitudes liturgiques indique que l'élément fondamental en était la lecture, en hébreu, d'un passage de la Torah. En écho, ce texte premier était "commenté" par un passage tiré des livres des Prophètes, passage que l'on considérait alors comme "parole d'accomplissement". Puis les deux lectures étaient traduites en araméen, langue du peuple, et prolongées, actualisées, par une exhortation ou homélie. Ainsi, dans un va-et-vient entre divers textes et entre les Écritures et la vie, les fidèles s'abreuvaient-ils à la Parole comme à une source. Par rapport à ce déroulement, le récit de St Luc est original car s'il raconte que Jésus trouve, dans le rouleau que lui tend le servant, un passage d’Isaïe, aucune lecture préalable de la Torah n'est mentionnée. Le texte d'Isaïe semble jouer ici à lui seul le rôle de texte fondateur. Prophète des derniers temps, Jésus le commente, l'accomplit, le porte à sa plénitude : il est désormais la source en personne.

© SBEV. Anne Soupa.

 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
Lc 4,14-30
14Alors Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, et sa renommée se répandit dans toute la région.
15Il enseignait dans leurs synagogues et tous disaient sa gloire.
16Il vint à Nazara où il avait été élevé. Il entra suivant sa coutume le jour du sabbat dans la synagogue, et il se leva pour faire la lecture.
17On lui donna le livre du prophète Esaïe, et en le déroulant il trouva le passage où il était écrit :
18L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a conféré l'onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté,
19proclamer une année d'accueil par le Seigneur.
20Il roula le livre, le rendit au servant et s'assit ; tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui.
21Alors il commença à leur dire : « Aujourd'hui, cette écriture est accomplie pour vous qui l'entendez. »
22Tous lui rendaient témoignage ; ils s'étonnaient du message de la grâce qui sortait de sa bouche, et ils disaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph  ? »
23Alors il leur dit : « Sûrement vous allez me citer ce dicton : "Médecin, guéris-toi toi-même." Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm, fais-en donc autant ici dans ta patrie. »
24Et il ajouta : « Oui, je vous le déclare, aucun prophète ne trouve accueil dans sa patrie.
25En toute vérité, je vous le déclare, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Elie, quand le ciel fut fermé trois ans et six mois et que survint une grande famine sur tout le pays ;
26pourtant ce ne fut à aucune d'entre elles qu'Elie fut envoyé, mais bien dans le pays de Sidon, à une veuve de Sarepta.
27Il y avait beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée ; pourtant aucun d'entre eux ne fut purifié, mais bien Naamân le Syrien. »
28Tous furent remplis de colère, dans la synagogue, en entendant ces paroles.
29Ils se levèrent, le jetèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle était bâtie leur ville, pour le précipiter en bas.
30Mais lui, passant au milieu d'eux, alla son chemin.
Lc 4,14-30
 
Vidéo
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