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Réécrire
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Collectif
Suppl. au n° 158. Réécrire les saintes Écritures
Théologie
 
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Le phénomène de la réécriture est largement la marque de fabrique des « saintes Écritures »...
 

Le phénomène de la réécriture est largement la marque de fabrique des « saintes Écritures ».

Ce Supplément s’ouvre par un chapitre qui illustre comment le Deutéronome et le livre des Chroniques relisent l’un l’Exode, l’autre Samuel et les Rois. Ces exemples montrent comment le présent des rédacteurs commande leur écriture ; ils font œuvre d’interprétations théologiques et ouvrent le présent de leurs lecteurs vers un avenir qui dépasse les erreurs du passé.

Puis, dès le début de notre ère dans la synagogue, le targoum s’emploie, par des gloses et des modifications, à expliciter et à actualiser la Parole divine afin d’éclairer la vie des croyants. Les procédés alors mis en œuvre seront repris les Pères de l’Église. Ces derniers n’hésitent pas, eux non plus, à réécrire les récits des deux Testaments en usant de vers homériques ou de réminiscences virgiliennes, afin de rendre leur lecture plus agréable et de faire don à Dieu de l’héritage culturel reçu du monde gréco-romain.

La nécessité de la « réécriture de l’Écriture » n’est pas moins vive par la suite. Le phénomène d’actualisation gomme l’espace temporel entre le monde de la Bible et celui du Moyen Âge ; nombre de traductions en langue vernaculaire utilisent ainsi le vocabulaire des institutions médiévales pour rendre le donné biblique. Pour les humanistes, la paraphrase est un genre littéraire nécessaire, qui rend le texte biblique claire et accessible, alors que les réformateurs la dédaignent puisque, pour eux, s’impose le principe de la clarté de l’Écriture.

Le souci d’actualiser l’Écriture pour éclairer la vie des croyants, de dire Dieu dans un aujourd’hui toujours nouveau est une préoccupation constante au long des siècles et une caractéristique essentielle de la Révélation judéo-chrétienne. Il n’est pas jusqu’à ces formes radicalement nouvelles que sont la BD et le cinéma qui ne poursuivent dans cette voie.

Textes présentés par Gilbert Dahan et douze collaborateurs

Suppl. au n° 158, « Réécrire les saintes Écritures »
160 pages, SBEV / Éd. du Cerf,  2011, 12 euros .
           


SOMMAIRE
p. 3 – Réécrire l’Écriture ? >>>Extrait à lire

p. 6 – Lecture et réécriture dans la Bible
L’Écriture Sainte est largement réécriture. Le Deutéronome et, plus encore, le livre des Chroniques l’illustrent bien, en relisant, l’un l’Exode, le second Samuel et les Rois. Quelques exemples choisis dans ces deux ouvrages montrent comment le présent des rédacteurs commande leur écriture. En construisant de nouveaux récits qui font œuvre d’interprétations théologiques, ils ouvrent le présent de leurs lecteurs vers un avenir qui dépasse les erreurs du passé.
     • L’exemple du Deutéronome >>>Extrait à lire
     • Le livre des Chroniques                      

p. 19 – Le targoum : tendances et techniques herméneutiques
Le targoum a pour souci d’expliciter et d’actualiser l’Écriture, car comme le dit un adage juif : « Qu’est-ce que la Torah ? C’est l’interprétation de la Torah. »Les procédés herméneutiques mis en œuvre permettent de dépasser le sens littéral pour édifier et éclairer la vie des croyants ; les Pères de l’Église sauront les reprendre.
     • Dire Dieu dans un nouvel aujourd'hui >>>Extrait à lire

p. 34 – Réécritures patristiques
Le contact entre culture païenne et culture biblique conduit à composer des paraphrases selon les règles littéraires classiques, comme cela est visible dans les hymnes liturgiques. Dans les centons, l’histoire du salut est racontée en assemblant des vers d’Homère ou de Virgile. Il s’agit de remédier à la pauvreté littéraire des récits bibliques et de rendre leur lecture plus attrayante.

     • Pères grecs et réécritures poétiques byzantines >>>Extrait à lire
     •
La réécriture de la Bible chez les poètes latins

          Encadré : Le Diatessaron

p. 64 – Réécriture de la Bible dans le Coran
À plusieurs reprises, les Suppléments ont donné à lire des exemples de réécritures bibliques dans le monde islamique. Les Histoires des Prophètes, notamment, éclairent les versets coraniques dont les allusions aux récits bibliques sont elliptiques. On comprend mieux qu’un auteur musulman ait pu dire qu’il fallait connaître la Bible pour étudier le Coran.

p. 69 – Quelques types de réécriture au Moyen Âge
Les réécritures concernent tous les niveaux de la société. On s’intéressera d’abord à celles qui s’adressent aux clercs, un public cultivé qui peut lire le latin. On en verra plusieurs formes : les adaptations de la Bible, la poésie biblique. Puis le théâtre nous fera passer de l’intérieur de l’église avec les drames liturgiques, à la place publique avec les mystères. On examinera enfin le cas singulier des bibles moralisées.
     • Des réécritures savantes >>>Extrait à lire
     • La Bible historiale : Le Livre de Job          

p. 92 –Le monde moderne. Paraphrase et poésie
Pour les humanistes, la paraphrase est un genre littéraire nécessaire, qui rend le texte biblique claire et accessible ; en revanche, les réformateurs la dédaignent, puisque, pour eux, s’impose le principe de la clarté de l’Écriture. En poésie, les traductions versifiées des Psaumes occupent une place bien connue, mais on n’oubliera pas pour autant les méditations qui se coulent dans la forme du sonnet.

     • Paraphrases savantes au XVIe siècle
     • La poésie française des XVIe et XVIIe siècles >>>Extrait à lire                  

p. 113 – Histoire sainte et bibles pour la jeunesse
Il est souvent rappelé que le catholicisme n’a guère encouragé un accès direct au texte biblique en langue vernaculaire ; l’obligation d’en demander la permission (règle IV de l’Index, publiée en 1564) était devenue de fait obsolète, mais ne sera abandonnée qu’en 1897. Pourtant, les récits tirés de l’Écriture sainte sont loin d’être absents des premières lectures enfantines, mais l’accès au texte est médiatisé par divers dispositifs éditoriaux qui visent à l’adapter à un jeune public, dans le respect du magistère ecclésial. Éditions abrégées, morceaux choisis et narrations simplifiées sont les procédés les plus courants. >>>Extrait à lire 

p. 121 – Réécritures bibliques en musique
Le répertoire de la musique baroque, classique et contemporaine comporte de très nombreuses pièces inspirées de la Bible. Avant de présenter quelques exemples, plusieurs points de repère sont posés qui permettent de prendre conscience de la multiplicité des éléments entrant en ligne de compte.
  

p. 138 – Littérature moderne et Bible
L’exégète n’est pas naturellement bienveillant face aux réécritures de la Bible. La raison en est que l’exégèse est mise sous le signe de la raison critique, du logos en quelque sorte, alors que la littérature est à mettre sous le signe du récit, du mythos. La Bible est une littérature, mais les études exégétiques n’en sont pas, même quand elles se rapprochent des études littéraires.

         
Encadré : Bible et bande dessinée


 p. 137 - Sélection bibliographique

p. 155 - Origine des textes et des traductions

p. 157 - Index des citations

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org