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Diable
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Satan
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tentateur
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Morin Dominique
Satan dans l'Ancien Testament
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Dans l'ensemble de l'Ancien Testament, le personnage de Satan est très secondaire...
 

Dérivant d'un verbe hébreu satân, qui signifie "s'opposer", le terme "satan" désigne d'abord, dans l'Ancien Testament, un adversaire, et, plus particulièrement, celui qui exerce devant un tribunal la fonction d'accusateur. Il sert ensuite à désigner un être surnaturel, adversaire des hommes et de Dieu, qui apparaît surtout dans trois livres : celui de Job, celui de Zacharie et le premier livre des Chroniques.

 Un "fils de Dieu" !

Dans le livre de Job, "le satan" est présenté comme un des "fils de Dieu", c'est-à-dire une créature divine, rôdant sur la terre, qui dialogue avec le Seigneur. Mettant en doute la vertu de Job, il obtient de Dieu l'autorisation de l'éprouver cruellement. De la même manière, dans une vision de la première partie du livre de Zacharie, il accuse le grand prêtre Josué devant l'Ange du Seigneur (Zacharie 3, 1-2). Dans les deux cas, Job et Josué traversent l'épreuve et sont innocentés.

Le tentateur

Ce n'est que dans le premier livre des Chroniques, vraisemblablement rédigé vers 300 av. J.-C., que Satan devient un nom propre. Il pousse David à faire un recensement blasphématoire : "Satan se dressa contre Israël et il incita David à dénombrer Israël" (1 Chr 21, 1). Or, si on consulte le texte parallèle en 2 Samuel 24, 1-2, écrit environ trois siècles auparavant, l'initiative de ce geste est attribuée à la colère du Seigneur en personne ! Sans doute le "Chroniste" (auteur du livre des Chroniques) a-t-il trouvé insupportable que Dieu semble inciter David à commettre une action pour laquelle il le punira ensuite (2 Samuel 24, 10 et 1 Chr 21, 6-7). L'auteur du livre de Samuel n'y voyait pas d'inconvénient : Dieu avait mis David à l'épreuve, David avait failli, David devait être puni. Le Chroniste se focalise moins sur la responsabilité de David que sur l'initiative divine. En remplaçant "la colère du Seigneur" par "Satan", il cherche à décharger Dieu de toute responsabilité dans l'origine d'une action mauvaise. Satan devient ainsi la figure de l'adversaire par excellence, le tentateur qui éprouve dramatiquement la fidélité des croyants.

Notons enfin que pour traduire l'hébreu satân, les Grecs ont utilisé le mot diabolos (le "médisant", le "diviseur"). Dans le Nouveau Testament, Satan et le Diable sont deux mots synonymes. Le livre de la Sagesse, rédigé en grec aux alentours de l'ère chrétienne, a appelé "diable" le serpent de la Genèse qui a poussé l'être humain à se révolter contre Dieu : "Par la jalousie du diable, la mort est entrée dans le monde" (Sagesse 2, 24).


© SBEV, Dominique Morin, 2001.

 
1 Ch 21,1
Sg 2,24
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org