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Judaïsme alexandrin
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ouverture
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Tassin Claude
L'ouverture de Dieu au monde
Théologie
 
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Dans la Septante, la toute-puissance de Dieu s'accompagne d'une ouverture plus grande aux païens...
 

Dans la Septante, la toute-puissance de Dieu s’accompagne d’une ouverture plus grande aux païens. Certains textes évoquant un Israël conquérant se transforment en une espérance de la conversion des hommes au vrai Dieu. On remarquera par exemple ce texte d’Amos et la version dans laquelle il est cité en Ac 15,16-17 : le reste d’Édom ou le reste des hommes ? Pour parvenir à ce dernier sens, le mot hébreu Édom, non vocalisé en hébreu, est compris comme adam, l’humanité.

• 50 Amos 9,11-12

(Le reste d’Édom ou le reste des hommes)

TH : Ce jour-là, je dresserai la hutte de David tombée, je boucherai ses brèches ; et ses ruines, je les lèverai et je la bâtirai comme aux jours d’autrefois de sorte qu’ils hériteront du reste d’Édom et de toutes les nations sur lesquelles mon nom a été proclamé, oracle du Seigneur qui fait cela.

LXX : Ce jour-là, je lèverai la tente de David tombée, je rebâtirai ses ruines ; et ses morceaux, je les lèverai et je la bâtirai comme aux jours d’autrefois de sorte que [me] rechercheront ceux des hommes qui restent et toutes les nations sur lesquelles mon nom a été prononcé, dit le Seigneur Dieu qui fait cela.

La ressemblance du d et du r en hébreu peut conduire les traducteurs de la LXX à la confusion (voulue ?) entre Aram et Adam. À preuve, l’exemple suivant. TH Za 9,1 : Proclamation. La parole de Yhwh est sur la terre de Hadrak et Damas est son repos. Car à yhwh sont l’œil [= la capitale] d’Aram et toutes les tribus d’Israël. Sur la base de cette confusion linguistique (Aram/Adam, l’humanité), le verset devient ceci dans la LXX : « L’oracle de la Parole du Seigneur est sur la terre de Sédrach [voir Dn 2,49], et à Damas son sacrifice, car le Seigneur a l’œil sur les hommes et sur toutes les tribus d’Israël. »

Devant ces modifications, un problème se pose : les traducteurs ont-ils fait une lecture erronée ou bien ont-ils « voulu » se tromper pour orner le texte du TH de leur propre interprétation universaliste ? La question reste à jamais ouverte.


© Claude Tassin, SBEV / Éd. du Cerf, Supplément au Cahier Évangile n° 156 (juin 2011), "Les Juifs d'Alexandrie et leurs écrits", p. 71-72.

 

 
 
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