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Durand Marie-Laure
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Quelques remarques d'une animatrice biblique auprès de jeunes collégiens et lycéens...
 

Les 21 et 22 mars dernier 2009 s’est tenue à Paris la rencontre nationale des responsables des mouvements et des associations de fidèles, ainsi que des délégués diocésains à l’apostolat des laïcs. Parmi les interventions qui ont soutenu les échanges, il y a eu celle de Marie-Laure Durand qui est plongée au cœur de l’étude biblique, en particulier avec des jeunes collégiens et lycéens dans un établissement Notre Dame de Sion à Évry, (Le caractère oral de l’intervention a été conservé).


1 - De l’Écriture à la Parole de Dieu ou de la nécessité d’interpréter le texte

Pourquoi parlons-nous de la Bible comme Parole de Dieu ? La Tradition de l’Église a reconnu dans un certain nombre de textes la capacité de nous faire comprendre des choses fortes sur Dieu, sur nous, sur les relations humaines.  Concrètement, les textes choisis ont été ceux qui étaient utilisés dans les communautés chrétiennes, déjà reconnus par ces communautés. Parce qu’ils avaient la capacité d’être interpellants, la Tradition n’a pas hésité à les qualifier de « révélés ». L’expression consacrée est : « ces textes sont révélés parce que révélants ». Ce qu’il y a d’important à repérer dans cette définition c’est qu’il n’y a pas de caractère magique de la révélation, ni un simple positionnement littéraire ou méthodologique. C’est l’idée que la révélation me concernant ne se fait pas sans moi ni à côté de moi. Ma liberté est engagée dans la relation que j’ai à Dieu et à sa parole.

Cette définition ouvre donc au rôle que nous avons à jouer. L’Écriture ne devient Parole de Dieu pour nous que dans la mesure où nous l’interprétons.

C’est parce que je m’engage dans l’interprétation du texte que ce texte peut être pour moi Parole de Dieu c’est-à-dire m’ouvrir à une compréhension différente, à une dimension spirituelle. Il faut continuer à être qui nous sommes quand nous lisons la Bible. L’Écriture devient Parole de Dieu pour nous quand nous questionnons le texte à partir de notre humanité, de notre personnalité. Le philosophe Paul Ricœur parle de « se comprendre devant le texte ». Autrement dit, il s’agit, devant le texte biblique, de se comprendre dans toutes ses dimensions.

2 - S’accorder sur ce que signifie interpréter

Donc si l’interprétation a une si grande importance, nous devons nous soucier du « geste interprétatif ». Il s’agit de repérer les dérives et les présupposés dans notre manière de travailler le texte biblique. Que cherchons-nous quand nous partageons, quand nous étudions, quand nous interprétons un texte biblique ?

• Pourquoi prenons-nous un texte biblique ?

Dans nos rencontres, dans nos réflexions, prenons-nous un texte biblique parce qu’il en faut un, parce que la méthode que nous utilisons en fait un passage obligé, ou bien parce que nous sommes convaincus que le travail sur l’Écriture va permettre de nous laisser bousculer par une parole qui ne vient pas de nous ? Derrière ces questions, il y en a une autre : sommes-nous, oui ou non, convaincus que le texte biblique est une altérité décisive dans notre réflexion ? Sommes-nous convaincus qu'elle peut nous faire sortir de nos idéologies ?

La méthode que nous allons utiliser pour lire la Bible a son importance. Nous ferons d’autant plus confiance au texte biblique que nous aurons l’expérience – en groupe ou de façon individuelle – que le texte nous a apporté quelque chose. Notre peur de travailler un texte biblique est très souvent une méfiance envers le texte, qui porte sur sa capacité à nous bousculer.

• Le choix du texte, une question difficile

Souvent un texte est choisi parce qu'il nous semble correspondre au sujet que nous traitons. Mais ce lien ne conditionne-t-il pas déjà ce que nous voulons faire dire au texte ? Le danger est que le texte biblique vienne illustrer notre propos. Or ce n’est pas l’objectif d’un texte biblique quand nous l’étudions pour lui-même. La Bible est un lieu de pensée, ce n’est pas qu’une bibliothèque. Lire un livre en continu (« faire du kilométrage ») permet de voir des logiques à l’œuvre, de travailler « l’intertextualité », c’est-à-dire les liens qui se tissent d’un texte à l’autre, d’un livre à l’autre.

• Respectons-nous l’altérité du texte ?

On ne doit pas tordre le texte. La principale façon de tordre un texte, c’est de ne pas le regarder vraiment, de ne pas y porter une attention véritable. Tordre le texte, c’est lire une phrase, dire qu’on l’a comprise, et, donc, ne plus la regarder, ne plus la scruter, ne plus y revenir pour vérifier si tel mot est employé plutôt que tel autre. Nous faisons cela souvent car cette tendance est naturelle.

Ce qui fait problème ici, c’est que le texte biblique n’est qu’un prétexte à la discussion. Or la Bible ne peut pas être un prétexte. Il me semble même qu’elle a un droit, celui de proposer un texte plus fort que beaucoup d’autres textes qui ne sont pas bibliques.

Nous sommes invités à considérer le texte comme une personne, avec le même respect, avec le même sentiment ; or connaître quelqu’un est une entreprise infinie. On ne résume pas une personne, on ne résume pas un texte biblique. Pas plus qu’on ne fait la synthèse d’un visage.

• Y a-t-il une interprétation objective ?

Nous pouvons tout faire dire à un texte biblique ! Donc, contrairement à ce que l’on croit, la véritable torsion n’est pas dans l’interprétation. Toute interprétation est un éloignement du texte, de la pensée de l’auteur, du sens littéral. Mais interpréter est une nécessité sinon nous tombons dans le fondamentalisme. Par contre, il s’agit d’être conscient de nos présupposés.

Prenons l’exemple des différences d’interprétation entre Juifs et chrétiens. Depuis qu’ils sont séparés, les chrétiens reprochent aux Juifs de ne pas savoir interpréter la Bible ; pour eux, les Juifs ne la comprennent plus parce qu’ils ne croient pas en Jésus comme Messie. De leur côté, les Juifs reprochent aux chrétiens de faire dire au texte des choses qui n’y sont pas, en particulier tout ce qui concerne « l’annonce » du Christ.

Être conscient de nos présupposés (c’est-à-dire de notre théologie, de notre spiritualité, de notre conception de l’homme) c’est, d’une part, ne pas être dupe de notre interprétation et, d’autre part, comprendre qu’une interprétation qui repose sur d’autres présupposés est également valide.

Une question se pose : tout peut-il être dit quand nous commentons un texte ? Réponse : les seules limites qui existent sont les suivantes :

1) partir de ce que le texte dit ou ne dit pas ;

2) pour lire le texte en Église, respecter les grandes balises de la Tradition (par exemple il est impossible aujourd’hui de tirer des propos racistes d’un texte biblique ou de parler d’un Dieu qui ne serait pas créateur).

• Que faut-il savoir ?

Quel savoir faut-il face à un texte ? C’est la question de la place accordée aux connaissances dans l’interprétation du texte biblique. Il y a une réflexion souvent entendue : « nous ne pourrons jamais interpréter le texte comme vous le faites, parce que nous n’avons pas vos connaissances. »

a) Le savoir n’est pas nécessaire si un certain nombre de présupposés sont en place.

1) La Bible, en particulier le Premier Testament, est un texte écrit par le peuple juif qui relit son histoire en y cherchant Dieu :

– l’écriture biblique n’est donc pas toujours spontanée (par exemple, il y a eu une entreprise d’écriture et de réécriture assez systématique au retour de l’Exil pour unifier le peuple). C’est avant tout une entreprise spirituelle d’interprétation.

– l’écriture n’est pas toujours historique : tous les textes ne sont pas « vrais » au sens factuel. Savoir si c’est vrai ou non est une fausse question. Par contre, la question intéressante à se poser est celle du sens. Il s’agit d’opérer un déplacement vers la question du sens. Il faut arriver à nous décomplexer avec cette question des connaissances. Mettre en avant la question du sens, c’est, par exemple, pouvoir continuer à lire les récits de création qui sont des récits mythiques. Ils nous parlent d’un Dieu créateur mais pas de façon historique.

2) Les textes sont écrits par plusieurs personnes et dans plusieurs styles.

3) La Bible nous présente une théologie qui évolue, par exemple : selon des textes anciens comme ceux du livre des Juges, Israël est convaincu que quand il perd, Dieu n’est pas avec lui. Puis, au cœur de l’expérience de l’Exil, avec le second Isaïe, il comprend que Dieu est aussi dans la défaite. Et ainsi de suite jusqu’à la conception d’un Dieu qui meurt sur une croix, dans les évangiles et les lettres de Paul.

b) Le texte que nous avons sous les yeux est une traduction française.

Il n’est pas nécessaire d’apprendre l’hébreu ou le grec pour lire la Bible. Mais, si nous cherchons à rendre au mieux la subtilité de la langue et la complexité du texte, il est préférable de travailler sur différentes traductions.

Par exemple : en Gn 4,8, on trouve une difficulté : « Caïn dit à Abel et quand ils furent aux champs... » (traduction littérale). Dans le texte original en hébreu, le verbe « dire » n’a pas de complément, comme s’il manquait un élément à cette phrase. Pour pallier à cette absence, la Bible de Jérusalem et la Traduction œcuménique de la Bible proposent des traductions différentes. La Bible de Jérusalem choisit de mettre la suite du texte en complément : « Cependant Caïn dit à son frère Abel : “Allons dehors”... » La Traduction œcuménique de la Bible choisit, elle, de remplacer le verbe « dire » par le verbe « parler » : « Caïn parla à Abel et lorsqu’ils furent aux champs... » Les différentes traductions peuvent donc aider à retrouver les difficultés et les richesses du texte original.

c) Importance de la pluralité des interprétations.

Il n’y a pas de « bonne réponse », de réponse correcte qui serait unique : devant le texte, comme dans la vie, nous sommes plus intelligents à plusieurs que tout seul car, comme le dit Ricœur, « La polysémie n’est pas une maladie du texte ». L’autre, comme moi, a un accès à un texte qui, au fond, est imprenable : je ne peux pas interpréter à la place de l’autre. Celui-ci est le seul à détenir l’interprétation qu’il donne du texte. Nous avons tous une responsabilité dans la lecture du texte car nous avons un accès unique à la réalité et donc un accès unique à ce que le texte dit.

3. Quelques pistes pour l’interprétation

Creuser le concret

Il faut fouiller le verset dans sa « concrétude ». C’est le moyen de ne pas céder à l’idéologie.

Exemple 1 : l’expression « un pays ruisselant de lait et de miel » ; ce n’est pas un pays où le malheur n’existe pas, où le bonheur est partout. Un pays ruisselant de lait et de miel, c’est un pays où il y a des vaches, des brebis et des abeilles. Un pays où la vie est possible.

Exemple 2 : « Le serpent était la plus astucieuse de toutes les bêtes des champs que le Seigneur Dieu avait faites » (Gn 3,1). Voilà le type de phrase sur laquelle nous passons rapidement quand nous travaillons un texte. Et pourtant toute phrase est importante. Pourquoi le serpent est-il la plus astucieuse des bêtes ? Qu’est-ce qui lui donne sa ruse ? Pourquoi Dieu a-t-il crée une bête aussi astucieuse ? Pourquoi le texte précise-t-il qu’il fait partie des bêtes des champs ? Que fait une bête des champs dans un jardin, alors que ce n’est pas son territoire ?

Faire attention aux détails
« Le Seigneur Dieu fit tomber dans une torpeur l’homme qui s’endormit ; il prit l’une de ses côtes et referma les chairs à sa place » (Gn 2,21). Pourquoi Dieu endort-il l’homme avant de lui prendre une côte ? Pour ne pas lui faire mal ? Pour ne pas qu’Adam sache que la femme vient de lui et se pense supérieur ? Pour ne pas qu’il donne son avis et que la femme ne soit que les projections du désir de l’homme ?

Faire attention à la logique du texte, aux non-dits, aux liens logiques

Exemple 1 : « Quand tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose à te reprocher… » (Mt 5,23-24). Dans ce cas précis, il n’est pas dit que le reproche est justifié ! 

Exemple 2 : « Au cours de cette longue période, le roi d’Égypte mourut. Les fils d’Israël gémirent du fond de la servitude et crièrent… » (Ex 2,23). Quels liens logiques y a-t-il entre la première partie de la phrase et la seconde ? Pourquoi les fils d’Israël gémissent-ils après la mort du pharaon ?

Voici ce que répondent, après lecture, des élèves de Quatrième :

« 1 - Lisa : le nouveau pharaon est pire que son père et le peuple hébreu souffre encore plus.

2 - Étienne : à la suite de la mort du pharaon, le peuple hébreu se sent libéré.

3 - Lisa : il se sent libéré parce qu’il pense que le nouveau pharaon sera plus gentil.

4 - Romain : peut-être que le peuple éprouve de la compassion pour le nouveau pharaon.

5 - Jordan : ils pensent qu’il n’y aura pas de nouveau pharaon.

6 - Romain : ils peuvent manipuler le nouveau pharaon en lui faisant croire qu’ils appréciaient son père.

7 - Sophie : quand ils ont vu le nouveau pharaon monter sur le trône, ils ont pensé à leurs enfants. Ils ne voulaient pas qu’ils subissent ce qu’ils ont subi.

8 - Johad : les ordres du nouveau pharaon sont mieux écoutés par les égyptiens que les ordres de l’ancien pharaon. Et le peuple hébreu le ressent.

9 - Lisa : la mort du pharaon leur fait prendre conscience que les pharaons passent et que eux, ils sont toujours en Égypte.

10 - Johad : le peuple égyptien profite de ne pas avoir encore de nouveau pharaon pour devenir encore plus dur.

11 - Camille : comme le pharaon est mort, les hébreux croient que Dieu va venir les délivrer.

12 - Michael : peut-être les hébreux croient que c’est Dieu qui a tué le pharaon.

13 - Paul : le petit pharaon ne connaît pas encore bien son métier et donc Dieu pourrait plus facilement faire sortir les hébreux d’Égypte.

14 - Marika : comme pharaon est mort, les hébreux appellent Dieu pour qu’il les libère. Le pharaon mort ne peut plus les empêcher d’appeler Dieu.

15 - Vivien : ils se sentent plus libres, c’est pour cela qu’ils crient vers Dieu.

16 - Marine : c’est pour que le nouveau pharaon les libère.

17 - Benoît : c’est pour que le nouveau pharaon soit maudit par l’intervention de Moïse.

18 - Pauline : les hébreux ont peur que les égyptiens les gardent en servitude pour honorer la mémoire du pharaon qui est mort.

19 - Guillaume : les hébreux sont obligés de construire la pyramide du nouveau pharaon. Ils sont épuisés, ils n’ont plus qu’à crier. »

Toutes ces réponses ne sont pas un jeu intellectuel : derrière ces interprétations, il y a des logiques de vie, des visions du monde, des compréhensions de Dieu et de l’homme différentes.

Continuer à interpréter un texte mythique

Exemple : en Gn 1, Dieu sépare les eaux inférieures des eaux supérieures, les lumières des ténèbres. Cet acte qui consiste à séparer, à différencier pour créer a encore quelque chose à nous dire aujourd’hui comme « en quoi poser des limites est-il un acte de création ? »

Les impasses à éviter

• Ne pas partir trop vite dans le spirituel, le moral, sinon nous faisons dire au texte ce que nous voulons, ce que nous savons déjà. Nous étouffons le texte. Il faut rester dans la vie du texte, dans la logique des hommes. C’est dans cette logique que Dieu se trouve. Plus nous le rendons abstrait rapidement plus nous le diminuons. Théoriser, c’est appauvrir. Moraliser, c’est la meilleure façon de faire taire un texte. Le texte va dire ce que nous souhaitons mais il va s’arrêter de parler. C’est un penchant dans lequel nous tombons aisément car c’est la facilité. Or le texte comme la vie se dévoile dans la complexité.

• Ne pas subjectiver trop vite : « Qu’est-ce que le texte vous dit ? » est une mauvaise question. Le centre n’est plus le texte, c’est moi. Or le texte doit rester au centre.

• Ne pas passer sous silence les contradictions entre la Bible et la Tradition : est-ce normal qu’Abraham sacrifie son fils à Dieu ? Non ! Est-ce normal que Moïse tue un égyptien et s’enfuit après ? Non !

• Ne pas arracher une page difficile de la Bible : la seule issue est de l’interpréter. Exemple, la formule « Dieu endurcit le cœur du pharaon » met en cause notre conception de Dieu. Elle paraît scandaleuse. Pourtant, elle a un sens. L’interpréter, c’est chercher lequel.

4. Qu’est-ce qu’une lecture chrétienne ?

Prendre au sérieux le Premier Testament, c’est prendre au sérieux la racine du Nouveau Testament et la racine du christianisme. Le Premier Testament a nourri Jésus, ce qui lui a permis de trouver son propre sens, sa propre mission. Comme le dit Jean-Paul II, il ne faut pas faire de Jésus un « météorite ». Il ne faut pas avoir peur de lire le Premier Testament : il est très humain, avec ses histoires et même sa violence (Discours devant la Commission biblique pontificale, le 4 mai 1997. Voir la Documentation Catholique, n°2159).

La force de la Bible, dit Paul Beauchamp, c’est de ne pas cacher la violence des hommes.

La Bible est un beau livre parce que tous les oublis, toutes les lâchetés, tous les manquements du peuple de Dieu et toutes les banalités y sont consignés. Je ne suis pas sûre que nous oserions écrire toutes ces choses sur nous-mêmes. Et, en même temps, c’est la meilleure façon de comprendre comment la Révélation fonctionne.

Faire attention à la « typologie » : un passage du Premier Testament n’est pas là seulement pour signifier ou préfigurer un passage du Nouveau Testament. Il ne s’agit pas de rabaisser le Premier Testament pour mettre en avant le Nouveau.

Reconnaître que l’interprétation chrétienne est plurielle : il y a forcément plusieurs interprétations en Christ. Sinon cela voudrait dire qu’on rétrécit la personne du Christ. Il y a aussi un infini en Christ.

L’interprétation chrétienne n’est pas forcément une interprétation mentionnant le Christ : « L’Ancien Testament possède en lui-même une immense valeur comme Parole de Dieu. Lire l’Ancien Testament en chrétiens ne signifie donc pas vouloir y trouver des références directes à Jésus et aux réalités chrétiennes. Certes pour les chrétiens, toute l’économie vétérotestamentaire est en mouvement vers le Christ » (Commission Biblique Pontificale, Le peuple juif et ses saintes Écritures dans la Bible chrétienne, 2001, n°21). C’est notre être chrétien qui nous fait faire une lecture chrétienne.

Conclusion

Nous vieillissons avec la Bible et nous nous découvrons au fur et à mesure. Par ailleurs, la Bible elle-même vieillit avec nous : des paroles reviennent éclairer, interroger, interpeller notre vie. En travaillant la Bible, nous ne répondons pas forcément aux grandes questions mais nous trouvons des éclairages, voire des réponses à de petites questions. Et finalement ce sont les petites questions qui nous permettent de mieux vivre, de mieux formuler ce en quoi nous croyons.

 

© Marie-Laure Durand, animatrice biblique, SBEV, Bulletin Information Biblique, n° 72 (juin 2009), p. 1.

 

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org