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Simoens Yves
Croire pour aimer. Les trois lettres de Jean, t. I. Une interprétation, t. II. Unetraduction
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Croire pour aimer. Les trois lettres de Jean, t. I. Une interprétation, t. II. Une traduction
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Par Yves Simoens
 
Yves Simoens
Croire pour aimer. Les trois lettres de Jean
, tI. Une interprétation, tII. Une
traduction

Éd. des Facultés jésuites de Paris, Paris, 2011, 345 p. + 20 p., 35 €

Le présent ouvrage clôture l’exploration de l’œuvre johannique que Y. Simoens propose depuis 1997 (Selon Jean, Éd. de l’IET, Bruxelles, 1997 ; Apocalypse de Jean, Éd. des Facultés jésuites de Paris, 2008 ; voir C.E. n° 149, 2009, p. 72). L’étude se compose de deux volumes et vise un but très clair : « Traduire d’aussi près que possible en français le texte original grec ; ensuite l’interpréter en accordant tous ses droits au sujet lecteur dans la tradition catholique et la culture de notre temps » (p. 7). Cette double démarche s’inscrit ainsi dans un double mouvement : celui, d’une part, d’une lecture de type canonique de l’œuvre attribuée à Jean et, de l’autre, celui de lire le texte biblique en lien avec une tradition de lecture bien précise, mais aussi de voir comment ces épîtres adressées à des communautés chrétiennes des premiers siècles peuvent encore résonner et être pertinentes pour nourrir la réflexion chrétienne.

La démarche adoptée entraîne le lecteur pas à pas dans le développement de la théologie de ces épîtres, montrant à quel point celles-ci synthétisent et articulent les grandes thématiques développées par l’Évangile et l’Apocalypse, telles que la question du jugement, celle de l’identité « humano-divine » du Christ, ou encore la figure de l’Agneau. S’inscrivant dans une approche herméneutique, l’auteur laisse volontairement de côté le débat historique sur le[s] auteur[s] de l’ensemble de ces écrits du N.T., prenant au sérieux l’attribution traditionnelle à Jean que l’exégèse classique tend à oublier, perdant ainsi des clés précieuses pour l’interprétation de l’ensemble. Quoi qu’il en soit de l’auteur historique, en effet, cette option de départ vise à montrer la cohérence de l’ensemble et aboutit à une lecture renouvelée de ces écrits, soulignant à quel point le corpus « johannique » est cohérent et se développe selon le schéma « Enseignement (Torah) – Sagesse – Prophètes » (Évangile – Épîtres – Apocalypse) qui relit et synthétise l’Écriture en ne négligeant aucune de ses parties. Si ce schéma de répartition des écritures juives n’est probablement pas encore fixé à la fin du ier siècle et que le parallèle peut donc paraître quelque peu forcé, il n’en demeure pas moins, cependant, que dans l’état actuel du corpus, cette manière de concevoir les choses fait sens, un sens que la lecture canonique permet justement de percevoir.

Les épîtres seraient donc à situer du côté de la sagesse : elles tracent un chemin d’humanisation pour les chrétiens où l’agapé est au centre de la foi et de la vie communautaire. Elles développent à leur manière une théologie de l’alliance et s’adressent à des communautés concrètes, celles d’hier et celles d’aujourd’hui, avec comme but de les amener à entrer toujours plus à fond dans la reconnaissance du Ressuscité, fondement et ciment de l’amour entre frères. (Elena di Pede)
Niveau de lecture : moyen

 
 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org