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Jésus de l'histoire
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Collectif
De Jésus à Jésus Christ, t. I. Le Jésus de l’histoire
2-7189-0914-1
De Jésus à Jésus Christ, t. I. Le Jésus de l’histoire
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Collectif (université de Strasbourg)
 
Collectif (université de Strasbourg)
De Jésus à Jésus Christ
, t. I. Le Jésus de l’histoire
« Jésus et Jésus Christ », Mame-Desclée, Paris, 2010, 266 p., 28,50 €.

Lors du lancement de la collection « Jésus et Jésus Christ » en 1977, son directeur, Joseph Doré, alors professeur de christologie à l’Institut catholique de Paris et aujourd’hui évêque émérite de Strasbourg, avait annoncé qu’elle s’achèverait au centième numéro. Hors série, le présent ouvrage prend place dans la célébration de cet achèvement. Il constitue les actes d’un colloque tenu à Strasbourg en novembre 2010 et qui portait sur « Le Jésus de l’histoire ». Un autre volume reprend les travaux d’un second colloque tenu à Paris en mars 2011 : « Christ dans l’histoire ».

« Jésus » d’un côté, « Christ » de l’autre : le schéma d’approche paraît très classique, et, dans le passé, les savants ont pu se spécialiser soit en exégèse (en général historico-critique) soit en théologie. Or, depuis quelques années, la coupure n’est plus aussi nette. L’évolution est due aux progrès de la recherche historique et, en ce qui concerne les évangiles, à la prise en compte de leur composante théologique, indissociable de leur écriture historienne. Cet ouvrage en témoigne. Car c’est bien d’histoire, encore une fois, qu’il est question. On comprendra qu’il est difficile ici de rendre compte de chacune des contributions qui, avec des outils renouvelés – c’est là leur intérêt –, tournent notre regard vers l’inscription historique de Jésus au premier siècle (celles de F. Boespflug et W. Kasper sont plus larges).

Elles se rapportent de manière diverse à la question de base. On n’a pas ici une synthèse comme celle de L. W. Hurtado (voir C.E. n° 152, 2010, p. 62), mais des études particulières. J. Schlosser (« Jésus et les Écritures »), fait référence aux travaux de S. Freyne sur Jésus, juif galiléen : que nous apprend sur Jésus lui-même le fait qu’il ait été galiléen, ou encore qu’il ait été profondément influencé par Isaïe ? G. Haefner (« Mémoire et histoire ») se pose la question : le concept du « Jésus de la mémoire », doit-il remplacer celui du « Jésus de l’histoire » ? A. Wénin (« Le Psaume 22 et le récit matthéen de la mort et de la résurrection de Jésus ») montre que Matthieu ne reprend pas seulement les premières sections, douloureuses, du psaume mais utilise aussi celui-ci dans la perspective de la résurrection. A. Paul (« L’apport des textes de Qumrân à la connaissance du Jésus historique ») applique sa recherche à Jésus-exorciste et à Jésus-messie. C. Grappe (« Incidence et prolongement de la proclamation du Royaume par Jésus ») montre comment les paroles et les actions de Jésus, puis des premiers chrétiens, remettent en cause un système de représentations précédemment centré sur le temple de Jérusalem. M. Morgen (« Jésus de Nazareth selon le quatrième évangile. Réception de la tradition et créativité ») retrace la façon dont Jean a été évalué comme document historique depuis deux siècles, examine de ce point de vue la péricope de l’incident du Temple et remet en place, si l’on peut dire, le quatrième Évangile dans la quête du Jésus de l’histoire. L’exposé de F. Boespflug est original dans ce contexte (« Le regard de Dieu fait homme. À propos de la tête de Wissembourg » ; on regrette l’absence de l’image étudiée qui est tirée du plus ancien vitrail figuratif [XIe s.] mais on la trouve facilement sur internet). Avec D. Fricker (« Quand les idées reçues interrogent la recherche historique sur Jésus »), l’on revient aux questions de méthode, et cela de manière fort stimulante. J.-P. Michaud (« De quelques présents débats dans la troisième quête ») fait le point sur la légitimité de la recherche historique sur Jésus, sur le contexte de la Galilée d’Hérode Antipas et sur l’intérêt respectif des sources : évangiles canoniques ou apocryphes. G. Theissen (« Le Jésus historique et le kérygme. La construction scientifique et l’accès à la foi ») s’oriente vers un questionnement théologique à l’aide d’une discipline récemment apparue : la science cognitive des religions. De W. Kasper (« Jésus le Christ : réflexions au sujet d’une nouvelle édition »), nous avons ici l’introduction à la réédition de son grand ouvrage de christologie de 1976 ; il montre comment la question christologique se situe de manière très nouvelle dans le contexte du XXIe siècle.

En postface, M. Deneken, premier vice-président de l’université et organisateur du colloque, reprend les termes mêmes du projet éditorial annoncé dans le premier numéro pour relire à cette lumière le parcours effectué depuis 1977 et conclut sur cette remarque empreinte d’une espérance un peu sibylline : « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, dit-on. Certes. Mais il n’est pas dit qu’elle doit se boucler à double tour… »
(Paul Agneray)
Niveau de lecture : exigeant
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org