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Ecrits gnostiques
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Nag Hammadi
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Mahé Jean-Pierre
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Poirier Paul-Hubert
Écrits gnostiques. La bibliothèque de Nag Hammadi.
2-07-011333-0
Écrits gnostiques. La bibliothèque de Nag Hammadi.
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Dir. Jean-Pierre Mahé et Paul-Hubert Poirier.
 
Écrits gnostiques. La bibliothèque de Nag Hammadi.
Dir. Jean-Pierre Mahé et Paul-Hubert Poirier. Index : Éric Crégheur.
Paris, NRF Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2007, 1920 p., 72,50 €

L'ouvrage offre la traduction intégrale des quarante-six écrits découverts à Nag Hammadi en décembre 1945 et de deux autres, en partie parallèles, appartenant au manuscrit copte de Berlin. On n'y trouvera pas donc pas l'Évangile de Judas, texte édité et traduit récemment, gnostique certes, mais appartenant au codex Tchacos (voir C.E. 137, p. 127). Certains des textes ici donnés ont déjà fait l'objet de traductions françaises dans des éditions savantes, voire grand public, tel l'Évangile selon Thomas ; cette célèbre collection de 114 «paroles cachées de Jésus le Vivant » était d'ailleurs déjà parue en 1977, avec une traduction et une annotation différente, dans les Écrits apocryphes chrétiens I de « La Pléiade ». Signalons aussi l'importante anthologie « Nag Hammadi. Évangile selon Thomas. Textes gnostiques aux origines du christianisme », Supplément au C. E. n°58 (1987) ; J.-D. Dubois et R. Kuntzmann, deux des éditeurs du présent volume, en étaient les auteurs. Ce Supplément garde toute son utilité.

En une soixantaine de pages, plusieurs dossiers introduisent l'édition de « La Pléiade ». Le premier présente « gnose et gnostiques aux premiers siècles chrétiens » ; le second s'intitule « Écrits gnostiques et témoignages patristiques ». Le troisième présente « le séthianisme  et les textes séthiens » (du nom de Seth, fils d'Adam et Ève, considéré par certains comme porteur du caractère divin, perdu à la suite de la chute originelle). Le quatrième, le mouvement valentinien ; le cinquième, les autres écrits gnostiques ; le sixième, l'hermétisme. Le dernier, « Recherches ascétiques et relectures gnostiques », explique notamment pourquoi le présent volume publie aussi les textes non gnostiques appartenant au corpus de Nag Hammadi, comme par exemple l'Extrait de la "République" de Platon ou les Sentences de Sextus. Cela permet de voir comment la gnose a fait son miel de textes de provenances diverses et d'étudier le corpus comme un tout ; c'est la raison pour laquelle notre volume présente les œuvres dans l'ordre qui est celui des codices.

Chaque œuvre s'ouvre par une notice (de une à vingt-sept pages) qui dégage le genre littéraire, le plan, le milieu et la date, les intentions et la doctrine de l'écrit ; suivent une note brève sur le texte et une abondante bibliographie. Enfin la traduction de chaque œuvre s'accompagne de notes copieuses.

Le corpus de Nag Hammadi date d'une époque où la gnose est sur le déclin (les manuscrits furent enfouis fin du IVe-début du Ve s.) ; il recueille des textes qui proviennent de courants gnostiques différents et appartiennent à des genres littéraires divers : évangiles et actes apocryphes, apocalypses, dialogues de révélation, homélies, rituels initiatiques, catéchèses ou exposés didactiques. Voici quelques exemples. Le Traité tripartite (NH I,5), le plus long de ces écrits, est une somme de théologie gnostique d'un maître valentinien. Le Livre des secrets de Jean, représenté par quatre témoins en deux recensions très différentes (NH II,1 ; III,1 ; IV,1 ; BG 2), est une « Bible gnostique » qui veut « brosser un panorama exhaustif de l'histoire, des origines "jusqu'à maintenant", mais, de plus, qui entend montrer que cette histoire ne fait que reproduire dans le monde sensible un modèle conçu dans l'intelligible » (B. Barc). L'Évangile de Philippe (NH II,3), lui, ouvre une fenêtre sur la sacramentaire gnostique. C'est dire si les notices et les annotations sont, pour le lecteur, indispensables à la compréhension ! Par exemple, la notice de l'Évangile selon Thomas invite le lecteur à ne pas lire ce recueil en logia (paroles) isolés, mais à le prendre dans son ensemble, en fonction de la clé herméneutique qu'est le logion n° 1.

L'ouvrage se clôt par une bibliographie générale et, surtout, par des outils de travail absolument indispensables : 130 pages d'index des noms, des textes anciens, ainsi qu'un index thématique. Un ouvrage austère, certes, mais qui ouvre sur un monde dont nous sommes largement ignorants et qui a des prolongements actuels... (Hugues Cousin)
Niveau de difficulté : exigeant
 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org