524
Ancien Testament
149
Espérance
265
Briend Jacques
Avant Jésus, l'espérance
2-7189-0989-9
Avant Jésus, l'espérance
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Par Jacques Briend
 
Jacques Briend
Avant Jésus, l'espérance
Paris, Mame-Desclée, « Jésus et Jésus-Christ » 93, 2007, 154 p., 19 €

Un livre sur l'espérance du peuple de la première Alliance, voilà ce que propose J. Briend (J.B.). Comme l'indique son commanditaire, Mgr J. Doré, il pose à la fois la question du sujet de l'espérance : qui peut espérer ? et de son objet : que peut-on espérer ? Ces premières interrogations en suscitent d'autres : y aurait-il des circonstances dans lesquelles il ne serait plus possible d'espérer ? Sur quoi se fonde l'espérance humaine ? Qu'est-ce qui peut la combler ou l'exaucer ?

Dans son premier chapitre, en commençant par l'espérance chez les psalmistes, J.B. pose d'emblée le lieu où s'exprime et se nourrit l'espérance : la prière. Les chapitres suivants répondent à la question de l'objet de l'espérance collective du peuple d'Israël : la paix, l'unité, l'alliance de Dieu, puis la résurrection, en lien avec le martyre de ceux qui témoignent leur fidélité à Dieu jusqu'à la mort. Qui peut espérer : Israël seul ou les nations ? Jusqu'où peut-on espérer ? demande le livre de Job, en refusant l'antique conception de la rétribution. Que la prière soit le lieu où se dit le mieux l'espérance n'a rien d'étonnant : un sujet, individuel ou collectif, expose à Dieu la situation qui menace la vie pour lui demander d'intervenir et de raviver l'espérance. Les psalmistes utilisent non un substantif mais des verbes, sous une forme qui considère l'action avec une nuance de répétition et d'intensité : l'espérance s'éprouve dans une action intensive. Elle s'inscrit dans un mouvement de dialogue et d'attente confiants. Son objet n'est autre que Dieu seul, qui sait ce qu'il convient de faire pour la combler. Il est la source de tous les autres biens attendus.

Les textes prophétiques ont sans cesse proclamé qu'il y a une espérance pour Israël en dépit des guerres et des bouleversements politiques (les circonstances historiques, l'Exil en particulier, ont posé de façon cruciale la question de la pérennité de la promesse de Dieu à son peuple). Ils expriment également le désir de voir disparaître les armes, c'est-à-dire, en positif, le désir de la paix ; puis l'espérance de l'unité et celle d'une alliance nouvelle où le cœur de l'homme reçoit une capacité de fidélité à la loi divine. Par delà l'exil de 587 l'espérance devient celle d'une alliance perpétuelle fondée sur Dieu seul. Les Écrits semblent faire peu de place à l'espérance mais le livre de Job, contestation radicale de Dieu, affirme paradoxalement que le défenseur de Job est Dieu : modèle d'espérance dans l'épreuve, Job espère en Dieu envers et contre tout ! Là encore l'espérance est théologale. Dieu, enfin, peut agir dans des situations de stérilité et de mort : il convenait donc de finir le parcours par l'espérance de la résurrection.

Voilà une promenade rafraîchissante à travers l'Écriture, facile d'accès,  qui nous rappelle, si besoin, que l'espérance est une dimension nécessaire de l'existence croyante. (Sophie Ramond)
Niveau de difficulté : moyen
 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org